Le
diable ?
On ne le voit
plus et on n'en parle
plus guère de nos jours...
Pourtant il existe bel et bien
affirme François Vouga qui montre
les traces de sa présence, tapie au fond
de chacun-e de nous, partout dans ce monde
et aussi dans l'Église, au cœur de nos
compromissions. Le pouvoir du
diable demeure le même,
hier et aujourd'hui,
et ses stratégies
subtiles
et
sournoises
seront dévoilées
à la fin des temps.Le
diable crée l'illusion et le
doute, il détourne la vérité,
nourrit la confusion en emmêlant
les choses et fabrique de fausses unités
qui ignorent les différences et évitent
le conflit. En apparence il propose
de bonnes idées (changer
les pierres en pain pour
que l'humanité
n'ait plus
faim).
Plein
de bonnes
intentions trompeuses,
il se camoufle sous une
fausse respectabilité qui prétend
faire mieux, ne chercher que le bien
et vouloir le bonheur de tous. Et si
nous nous demandons par
exemple quelle est
la part du diable
dans
nos
engagements
pieux et dans nos
efforts louables ?..Cette
puissance d'aveuglement
agit dans l'Église, là (et surtout là)
où est la foi, puisqu'il
cherche à parasiter
la foi. Et
les
autorités
ecclésiastiques
y succombent elles
aussi lorsqu'elles placent
les questions d'organisation
et de finances avant l'Évangile,
quand elles cherchent à construire
des garanties pour l'avenir,
prétendant se saisir
de la grâce au
lieu d'en
vivre.
Extrait
p 97,
Car
voici : Mamon,
tout surpris de ce
succès,a été couronné par le
tentateur comme le Seigneur de l'univers
mondialisé.Jésus, on s'en souvient, avait
refusé ce rôle que Satan lui offrait
généreusement, dans le
désert. Au nom
du dieu des
finances
et
selon
les caprices
tout aléatoires d'une
économie qu'il fait passer
pour la vérité, le pouvoir est
ainsi donné au diable d'administrer
, quand il en a l'occasion, l'avenir
des Églises. Il redéfinit la
vocation qui leur
est adressée,
selon les
conseils
du
marché,
il transforme
les dons de l'Esprit
en "ressources humaines",
il opère toute concentration et
ferme les lieux de culte inutiles. Ce
faisant, il réécrit dans les cœurs
à sa façon, la parabole
du semeur. Tout
compte
fait,
conseille-t-il
aimablement, ne
pourrait-on pas augmenter
la rentabilité du champ en économisant l
a semence ? L'usage des chiffres
lui permet d'asseoir sa
respectabilité.
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