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2010-02-09T08:45:00+01:00

figuier sans fruit

Publié par sulamite -




Un homme avait une vigne

et un figuier planté dans sa vigne…
Les premiers auditeurs de cette histoire

étaient à l’aise avec cette histoire de vigne.

En Israël, en effet, il y a des vignes et vignobles.

Pour ses habitants comme pour nous,

les vignes et le vin sont des formidables bienfaits ;

mais pour eux, c’étaient aussi des signes permanents

du don de la Terre, que Dieu leur avait fait.

C’est pourquoi les israélites chérissaient

leurs vignes et leurs figuiers.

C’était dans leur esprit,

un écho à la fois du paradis perdu

et du royaume à venir.

Dans leur représentation des choses,

il est quasiment certain que l’arbre

de vie était une vigne,

et que l’arbre de la connaissance

du bien et du mal, était, devinez quoi… ?

Un figuier.


Ces détails

ainsi que le texte d' Esaïe 5

1 Je chanterai

maintenant à mon cher bien-aimé

un cantique de mon bien-aimé concernant sa vigne.

Mon cher bien aimé

avait une vigne sur une colline très fertile.
2  Et il l’entoura et en ôta les pierres,

et la planta des meilleurs ceps,

et il bâtit une tour au milieu d’elle,

et y creusa un pressoir;

et il s’attendait à ce qu’elle produirait des raisins,

mais elle a produit des

grappes sauvages.


nous aident donc

à comprendre l’effet des paroles

prononcés par Jésus sur ces premiers auditeurs.

Par là même, nous pouvons mieux

comprendre les sentiments que ses auditeurs

devaient éprouver en entendant :

« un homme avait une vigne ;

un homme avait un figuier ».

Car lorsqu’ils entendaient

« mon bien-aimé avait une vigne

ou un homme avait une vigne »,

ils entendaient aussitôt :

« Dieu a un peuple. »


Dés lors,

nous pouvons comprendre

le poids des paroles qui suivent dans ce tableau

jusque là « normal »

pour eux.


Le poids du détail « qui tue »,

qui ne pouvait que déclencher chez eux

une émotion forte et une réaction d’hostilité.

C’est que l’homme

est descendu dans sa vigne

pour trouver du fruit, et le constat suivant

s’est imposé :

« il ne trouva rien. »

Ces remarques nous conduisent

à comprendre ce qui se passe

dans le récit de Luc,


Cette parabole

s’inscrit dans le voyage de Jésus

vers Jérusalem ;

cette parabole est extrêmement polémique.

Mais pas seulement.

Car ce n’est pas seulement la déception

d’un propriétaire qui attendait d’être payé

de ses efforts, que Jésus raconte.

Ce n’est pas seulement la détresse

d’un homme qui avait placé toute son espérance

dans sa plantation.

Pensons plutôt au serviteur qu’au figuier.

Son constat, c’est celui de la détresse infinie

de Dieu devant la révolte permanente de son peuple,

et devant la révolte générale de tout les humains

dont l’histoire nous est racontée en Gn 3

à travers l’histoire d’un couple.


 

 

images.jpg


C’est l’histoire la déception de Dieu,

de sa compassion et de sa persévérance

à aimer son peuple,

et l’humanité tout entière.

Cette histoire est l

’histoire de la persévérance

de Dieu avec chacun de nous.
Cette parabole résume en effet

une bonne partie de l’histoire du salut.

L’histoire de Dieu

qui ne trouve pas au sein de ceux

qu’il a crées et plantés sur la terre, même pas au sein du peuple

qu’il s’est choisi, le fruit de sa vigne,

le fruit de son projet.


Au temps d’Esaïe, il nous est dit

que le peuple produisait du mauvais vin,

au temps de Jésus, il n’y a aucun fruit.

Celui qui portera vraiment le fruit attendu par Dieu,

qui dira et qui seul dit :


« je suis  la vraie vigne,

le vrai cep, et mon Père

est le vigneron »,


c’est Jésus.

En effet, lorsque que Jésus

raconte cette histoire, il est en route vers Jérusalem,

en route vers la fête de la Pâques.

Il va accepter d’être celui qui va jusqu’au bout de l’obéissance,

de la fidélité à Dieu. Celui qui accepte de donner sa vie,

qui tombe en terre et ressuscite,

portant ainsi le fruit de la vie éternelle.

C’est donc à la persévérance dans la confiance

en lui que Jésus invitera ses disciples,

au matin de Pâque.


C’est dans cette perspective

que nous trouvons cette parabole dans l’Evangile de Luc,

. Entre nécessité de considérer ses voies,

et nécessité d’accepter

avec confiance

la puissance libératrice et guérissante de Dieu :

l’œuvre et le fruit offerts par Jésus

qui comble l’attente de Dieu là où nous sommes si faible,

si stérile parfois.

C’est là que nous retrouvons Jésus,

notre serviteur persévérant,

dans son dialogue ouvert avec le propriétaire de la vigne.

Dans son dialogue

avec Dieu.


La persévérance de l’amour

dans le dialogue avec le vigneron

C’est en effet dans ce dialogue persévérant

que nous voyons l’amour du

serviteur pour sa vigne

et aussi et surtout pour son figuier.

C’est dans

ce dialogue de la parabole

que nous est illustré ce qu’est la grâce,

car c’est dans ce dialogue que la grâce est accordée.

Le verdict était tombé :

« voilà trois ans que je viens chercher du fruit

sur ce figuier et je n’en trouve pas.

Coupe-le ! »


la justice

demanderait qu'on coupe ce figuier

Et c’est là qu’est intervenu le serviteur,

manifestant à la fois son amour,

sa patience et sa

persévérance.

C’est bel et bien à l’occasion de ce dialogue

que va être accordée la grâce pour le figuier.

Ecoutons-le demander un délai pour son arbre :

Maître,

demande-t-il, laisse-le encore…

je creuserai tout autour, et j’y mettrai du fumier.

Je m’occuperais de lui encore.

Je me donnerai encore de la peine pour lui,

tout le temps que Tu me laisseras en prendre soin,

tout le temps que tu me laisseras l’aimer.

Il y a un espace dans le dialogue pour que

surgisse la grâce

de Dieu.



Ce dialogue entre Dieu

et son serviteur en faveur du figuier fait penser

à celui entre Dieu et Abraham en faveur de Sodome.

Dialogue aussi entre Dieu et Moïse

en faveur d’Israël.

Et surtout,

dialogue entre Dieu et son Fils Jésus-Christ

qui d’un bout à l’autre de l’histoire,

intercède pour tous les hommes,

comme dans cet ultime dialogue de Jésus avec le Père,

demande de grâce là encore, à la croix :

« Père, pardonne-leur,

car ils ne savent pas ce qu’ils font. »

C’est le dialogue de l’amour et

de la patience de Dieu.


Dans la parabole, le fils,

le serviteur, demande un délai car Il ne peut pas supposer,

lui non plus, que tant d’amour restera vain.

L’amour sait qu’il a besoin de temps

pour se faire comprendre et être reçu,

et il sait aussi qu’il est invincible.

L’amour invincible

sait qu’il est plus fort que tout :

plus fort que la mort,

plus fort que l’incrédulité et les enfers réunis.

La parabole du serviteur persévérant,

c’est la parabole de l’amour persévérant.

De grandes choses peuvent se jouer dans un dialogue,

dans le respect de l’autre dans la durée,

dans l’acceptation de la réponse

de l’autre, bien sûr.


En conclusion
Nous ne savons pas si le figuier

de cette petite histoire, finalement, aura porté du fruit.

L’histoire se finit par « si » ou « sinon ».


« Et s’il portait du fruit à l’avenir »,

suggère le serviteur persévérant

de la parabole.



Mais Dieu nous montre ici l’exemple de la patience

et de la persévérance dans la longue durée.

Avec le « SI » de l’espérance qui retentit

sur chacun de nous,

le « si » par lequelle le Serviteur retient le jugement

et ouvre les portes du salut et de l’espérance.

C’est le « SI » contraire de la tentation,

le contraire du « Si » diabolique du doute.

C’est le « si » du Christ qui est

fondamentalement espérance.

Et nous avons besoin de nous en souvenir

toujours,dans l’Eglise.


C’est le « Si » qui se fait entendre

lorsque nous mettons en œuvre la grâce du dialogue :

« SI » tu es d’accord, nous ferons quelque chose de nouveau,

et peut-être, que cela

portera du fruit.


C’est la grâce du dialogue plein d’amour,

de paix, de patience et

d’espérance.


. Concrètement
. Dans notre vie, ne désespérons

pas de nos situations, de nous mêmes, ni des autres.

« Prions Dieu comme si nous ne pouvions rien,

et agissons ensuite comme si nous pouvions tout ! »

(A. Vinet)

Ne désespérons jamais !

2 Pierre 3:15 

Croyez que la patience de notre Seigneur

est votre salut


Au contraire,

espérons toujours contre toute espérance !

Car celui qui a pris la forme d’un serviteur persévérant

pour venir à nous et nous enseigner cette parabole,

c’est Dieu lui-même.

Il prend soin de nous et il a tout pouvoir.

Il est avec nous tous les jours, par son Esprit.

Et il nous offre, avec l’espérance,

le don de la persévérance.

Alors cette graine que nous offre le

serviteur persévérant

de la parabole :

cultivons-là !


A. Maillot




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