Les œuvres
Une autre façon
de corriger nos mauvais côtés consiste
à redoubler d'efforts, pour compenser nos fautes,
nous améliorer ou atténuer notre culpabilité.
C'est ce que la Bible appelle
« le salut par les œuvres »
Éphésiens 2.9
nous essayons de nous sauver en étant
plus acharnés au travail.
Plus précisément, nous tentons de nous perfectionner
et de nous sanctifier en devenant des
bourreaux de travail
Gal 3.3
C'est ce que faisait Stéphane.
Il haïssait Cédric.
Et chaque fois qu'il sentait l'hostilité monter en lui
, il se sentait aussitôt coupable
et avait honte.
Au lieu d'admettre sa haine
et de la regarder en face en vue de la surmonter,
il chassait toute hostilité de son esprit
et s'efforçait d'être particulièrement gentil avec Cédric.
Avec ce comportement courtois,
Stéphane se disait qu'il
« avait revêtu l'homme nouveau »
Éph 4.24
Il estimait que sa gentillesse forcée
vis-à-vis de Cédric était
juste et sainte.
Mais cette façon de masquer
le mauvais côté présentait un ennui :
Stéphane n'assumait jamais sa vieille nature d'abord
et ne la confessait pas.
Il s'efforçait de maîtriser sa haine au lieu
de la confesser.
Mais plus il essayait
d'être aimable avec Cédric,
plus il se rendait compte qu'il médisait
derrière son dos ou tenait des propos sarcastiques à son encontre.
Les efforts redoublés ne faisaient pas de lui
une personne plus
aimante.
Un jour, il tomba
sur un verset du livre des Proverbes,
et sut immédiatement ce qui
lui restait à faire :
« Celui qui
dissimule la haine a des
lèvres fausses »
10.18
Il prit alors
conscience que sa flatterie et sa gentillesse
ne servaient qu'à couvrir
sa haine.
Nous nous attelons
à d'autres œuvres également,
par exemple une lecture plus assidue de la Bible
et un temps plus long consacré à la prière,
en pensant que ces exercices
suffiront seuls à
transformer
notre être
intérieur.
Or, des efforts religieux
comme ceux-ci, accomplis de façon routinière,
sans que nous prenions nos problèmes
à bras-le-corps, sont vains
. Ce ne sont que des préceptes vides,
qui n'ont « aucune valeur et ne contribuent
qu'à la satisfaction de la chair »
Colossiens 2.23, .
La loi
Un autre artifice que nous utilisons
pour faire face à notre méchanceté, c'est de la soumettre à la loi ;
de la condamner, de se sentir coupables,
et de s'irriter contre elle.
Au fond,
nous pensons
que notre culpabilité va nous
inciter à changer.
Evelyne essaya d'exposer
à la loi sa jalousie envers sa sœur.
Elle était trop lucide pour nier ses sentiments
et ses pulsions, mais chaque fois qu'elle se sentait envieuse
de sa sœur, elle se mettait en colère
contre elle-même et
se disait :
« Que je suis mauvaise ! »
Elle s'en voulait de ne pas parvenir à maîtriser
son sentiment négatif, et se réprimandait
pour devenir plus aimante.
la culpabilité est incapable
de nous changer.
La culpabilité
est un trait caractéristique
de la loi. Comme Paul et d'autres le mentionnent
fréquemment dans leurs épîtres,
la loi attire la colère,
nous incite à pécher davantage,
nous asservit et
nous condamne comme des incapables
dès que nous enfreignons un seul
de ses commandements
Romains 4.15 ; 5.20 ; 7.5 ;
Galates 3.23 ;
Jac 2.10
La colère est inscrite au fond de la loi ;
lorsque nous nous emportons contre nous-mêmes
et que nous nous condamnons pour notre nature pécheresse
, nous le faisons conformément à la loi du péché
et de la mort. Nous sommes enfermés
dans ce cercle vicieux jusqu'au jour où Dieu vient
le briser par sa grâce
Ro 7.9-10
Certains chrétiens maintiennent
cependant que la culpabilité et la condamnation sont utiles,
car ils nous poussent à la confession du péché.
La Bible est pourtant claire sur
l'aspect destructeur de la culpabilité.
Le Christ est mort pour nous délivrer de la condamnation ;
elle n'a plus droit de cité dans la
vie du croyant
Ro 8.1
Ces méthodes pour lutter contre le péché,
à savoir le déni,
les œuvres
et la loi,
sont toutes le fruit
de la fausse hypothèse suivante :
si nous sommes chrétiens,
nous ne péchons
plus.
/image%2F0554638%2F201304%2Fob_3bfaef39b11098f302fba08b1971c8ac_37030251.png)
commentaires