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2010-02-01T08:22:00+01:00

fausses croyances (-2 )

Publié par sulamite -




Je ne devrais

pas nourrir de telles

pensées !

 

Le mari de Sylvie

était dans sa dernière année d'études

à la Faculté de théologie, et se préparait au pastorat.

Malgré tout le zèle déployé pour honorer sa vocation,

les années d’études furent ardues.

Eric et Sylvie avaient trois enfants de moins de quatre ans,

très peu de temps pour eux-mêmes et

ils étaient toujours à court

d'argent.

 

Sylvie se débattait

avec l'idéal qu'elle s'était forgé d'une bonne épouse

et mère chrétienne.

Elle ne se plaignait jamais de leurs

difficultés matérielles.

Après tout,

n'avait-elle pas été enseignée

que toutes choses étaient possibles

avec l'aide de Dieu ?

Elle avait un problème,

une peur obsessionnelle de pousser ses enfants

hors de la voiture lorsqu'elle conduisait.

Au début, elle parvint à ne pas tenir compte

de ces pensées, espérant qu'elles s'évanouiraient d'elles-mêmes.

Mais les images mentales de cet acte persistaient 

; elle s'efforça alors d'apprendre par cœur des versets

traitant de la prière, et de nourrir

des pensées pures.

 

Mais inlassablement,

les pensées meurtrières l'assaillaient

au point qu'elle n'osait plus conduire ses enfants nulle part.

Elle s'obligea à rester à la maison.

Terrifiée par ce qui lui arrivait,

elle vint me demander

conseil.

 

Nous avons cherché à savoir

d'où ces pensées pouvaient bien provenir.

« Avez-vous déjà songé que vous êtes peut-être

en colère contre les enfants,

à cause de vos nombreuses responsabilités

envers eux, lui demandai-je,

et qu'à certains moments vous aimeriez

être débarrassés d'eux

. Ma question la fit sursauter.

« Me débarrasser de mes enfants ?

Jamais de la vie ! Je les aime trop.

Comment pouvez-vous même imaginer

pareille chose ?

 

Je n'ai pas suggéré

que vous n'aimiez pas vos enfants.

J'ai simplement émis l'idée

que vous pourriez être en colère à cause des difficultés

que vous affrontez, vous et votre mari,

et que par moments, vous pourriez être amère

en raison de l'ampleur

de votre tâche.

 

Ce n'est pas bien de nourrir du ressentiment.

Ce n'est pas le fruit de l'Esprit.

Vous ne devriez pas en éprouver,

moi non plus.

 Je sais que le ressentiment n'est pas

un sentiment noble,

et qu'il ne figure pas parmi les fruits de l'Esprit.

Je pense cependant qu'au fond de vous-même,

vous éprouvez du ressentiment à l'encontre de vos enfants

, autrement vous n'auriez pas la pensée

de les pousser hors de la voiture.

 

Mais je n'ai pas le droit d'avoir de telles pensées.

Ce n'est pas bien.

 

-Estimez-vous devoir ne penser qu'à des

choses « bonnes » ?

 

-C'est en tout cas ce que je suis supposée faire,

répondit-elle, un peu moins sûre d'elle.

Je suis supposée éprouver de l'amour,

de la patience, de la joie et d'autres vertus de ce genre.

Pas du ressentiment et de la haine

pour ce que je dois faire.

 

-Et que faites-vous lorsque vous éprouvez

du ressentiment et de la haine ?

 

Je ne me permets pas d'entretenir de tels sentiments.

Je n'ai pas le droit. Ce n'est

pas spirituel.

 

Et si c'était pourtant normal

de ressentir de tels sentiments ?

Penseriez-vous alors qu'ils auraient leur

place en vous ?

 

Mais ce n'est pas normal. Ce serait un péché.

 

Qu'est-ce qui vous fait dire que

vous êtes sans péché ? »

 

Elle parut décontenancée.

 

Sylvie était écrasée par ses responsabilités,

par le manque de soutien de son mari

et de ses amis, et par ses besoins non satisfaits.

Sa colère n'avait donc rien d'étonnant.

Et le déni de sa colère produisait des pensées irrationnelles.

En comprenant progressivement ce que la Bible

dit vraiment de l'aspect négatif de notre personne,

elle trouva non seulement la liberté de reconnaître

qu'elle avait du ressentiment, mais aussi le courage

de trouver des solutions à

ses problèmes.

 

Elle rencontra des personnes de confiance

à qui elle put exprimer toute

la souffrance, les blessures et la colère qu'elle avait enfouies

au fond d'elle-même pendant des années.

Elle se rendit compte que tout

son activisme

n'était qu'une stratégie pour l'empêcher

de ressentir la

douleur

. En mettant sa douleur à nu

et en permettant à des gens aimants de la soigner,

elle découvrit qu'elle n'avait pas du tout besoin

de s'affairer à ce point

dans la vie.

 

L'image de Sylvie

en tant que personne remplie d'amour,

qui répond toujours positivement à quiconque se trouve

dans un besoin, commença à changer.

Elle finit par comprendre

qu'il n'y avait rien de coupable à dire non aux gens

qui lui présentaient leurs requêtes.

Une vie d'obligations, l'obligation d'être patiente,

de faire passer le service d'autrui

avant le sien propre, de ne pas se mettre en colère,

l'avait empêchée de résoudre ses problèmes profondément

ancrés en elle.

 

Désormais, avec la faculté de ne plus faire passer

ses propres besoins à l'arrière-plan,

de pouvoir se réserver du temps pour elle

, d'être en colère, elle put faire face à la vérité

et commencer à résoudre son vrai problème :

sa colère devant son impuissance.

En reconquérant du pouvoir sur sa vie et en

faisant preuve d'une plus grande maîtrise de soi,

elle élimina la colère.

De plus, quand elle avait des sentiments coupables

et adoptait de mauvaises attitudes, elle avait

la liberté de l'admettre.

 

Les changements opérés

à l'intérieur de Sylvie se virent bientôt à l'extérieur.

Elle apprit à fixer des limites aux exigences irréalistes

de son mari, à demander de l'aide à ses amis

et à sa famille quand elle en avait besoin.

Elle n'attendit plus d'être au bout du rouleau

et malade pour songer à prendre du temps pour elle.

Au lieu de vouloir être tout à la fois épouse,

mère, enseignante, responsable des voisins et

membre du conseil d'administration de l'église,

elle se fixa elle-même des objectifs

plus raisonnables.

 

Bref, elle reconnut sa colère et ses blessures ;

au lieu de les laisser s'envenimer et

se transformer en amertume, elle s'appuya sur elles pour

résoudre ses difficultés

relationnelles.

 

Les moyens que nous choisissons pour éviter de souffrir

 

Prise dans un piège,

Sylvie était coincée entre deux vérités contradictoires 

: « Je ne devrais pas éprouver ces sentiments.

Mais je les éprouve tout de même. »

Que faites-vous quand vous découvrez en vous

des sentiments que les « bons chrétiens »

sont supposés ne pas éprouver ?

Ou quand vous constatez que vous faites ce

qu'un « bon chrétien »

ne devrait pas faire ?

 

Si nous refusons de reconnaître nos sentiments

et nos comportements négatifs,

nous choisissons habituellement l'un des trois

moyens suivants pour les traiter.



Le déni

 

Lorsque Sylvie niait les sentiments

qu'elle estimait ne pas devoir ressentir,

son déni provoquait des pensées

obsessionnelles.

 

Le roi David connaissait déjà cette vérité lorsqu'il pria :

« Sonde-moi, ô Dieu, et connais mon cœur !

Éprouve-moi, et connais mes préoccupations !

Regarde si je suis sur une mauvaise voie,

et conduis-moi sur la voie de l’éternité ! »

Psaumes 139.23-24



Il pressentait qu’il avait peut-être choisi

de mauvaises voies.

Au lieu de les nier, il tenait à faire face à la vérité.

Il ne craignait pas d'affronter sa méchanceté,

car il savait que la grâce de Dieu était assez

grande pour la surmonter.

 

Non seulement le déni entraîne

des symptômes psychologiques comme la dépression ou l'angoisse,

mais il nous incite aussi à nous ériger en juges d'autrui,

car nous ne sommes pas capables de les voir clairement.

Nous reprochons souvent vertement aux autres

ce que nous nions pour nous-mêmes :

« Tu es donc inexcusable, qui que tu sois, toi qui juges,

car en jugeant les autres, tu te condamnes toi-même,

puisque toi qui juges, tu agis comme eux »

Romains 2.1

 

La Bible déclare que nous avons tort

de nier notre nature pécheresse.

Le Seigneur Jésus a maintes fois souligné notre nécessité

de confesser notre péché et de reconnaître notre nature pécheresse.

« Ce qui sort de l’homme, voilà ce qui le rend impur

. Car c’est du dedans, c’est du cœur des hommes

que sortent les mauvaises pensées, prostitutions, vols,

meurtres, adultères, cupidités, méchanceté, ruse, dérèglement,

regard envieux, blasphème, orgueil, folie.

Toutes ces choses mauvaises sortent

du dedans et rendent l’homme impur »

Marc 7.20-23

Jésus veut que nous assumions nos sentiments,

quels qu'ils soient, au lieu de les masquer

sous une activité religieuse.

 

Jésus se montra extrêmement sévère

pour ceux qui niaient leur nature pécheresse :

« Malheur à vous, scribes et Pharisiens hypocrites !

Parce que vous purifiez le dehors de la coupe et du plat,

alors qu’en dedans ils sont pleins de rapine et d’intempérance.

Pharisien aveugle ! Purifie premièrement l’intérieur de la coupe

et du plat, afin que l’extérieur

aussi devienne pur »

Matthieu 23.25-26

 

Le déni n'est visiblement pas la solution préconisée par la Bible :

« Si nous disons que nous n'avons pas de péché,

nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité

n'est point en nous »

1 Jean 1.8



Or, voici une bonne nouvelle :

nous avons une pleine sécurité dans l'amour et la grâce de Dieu

. Nous pouvons endosser notre péché et

notre nature pécheresse, sans pour autant

craindre d'être

condamnés.

 


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