II
est intéressant
de noter que la base de
toutes les religions du monde est
identique. Elles imaginent Dieu comme
un être lointain et hostile et comme Celui
qui impose des lois qui permettent
de s’approcher de lui. Ces
lois, généralement
sous la forme
d’un
livre, sont
confiées à la garde
d’une élite qui les interprète
pour les adorateurs. Dans toute religion,
quelle qu’elle soit, l’homme aspire
à se dépasser afin de plaire
au Dieu dont il a peur.
C' est la qu' ont
pris
naissance
tous les efforts de
l’homme pour s’élever jusqu’à Dieu.
De là, il ne faut qu’un pas pour affirmer alors
que ne parviennent à Dieu
que les gens les plus
méritants
ce qu’il
y a
de mieux
dans l’humanité,
ceux qui ont atteint le
plan de vie le plus élevé possible
à un être humain.La religion est comparable
à une échelle qui garantirait que Dieu
va nous accepter, dans la mesure
où l’on a pu parvenir à
grimper
jusqu’à son
plus haut barreau.
Elle affirme détenir la
révélation du chemin qui permet
d’accéder au sommet de la perfection
et à la familiarité avec Dieu.
Ce système de croyance
encourage
l’orgueil.
Celui
qui grimpe
à l’échelle croit
détenir les seules règles
qui, en fin de compte, plaisent
à Dieu. Ainsi, il regarde les autres comme
ayant moins de valeur que lui-même.
Il lui semble également être de
son devoir de détruire
tous ceux qui ne
connaissent
pas
ces règles,
ou les refusent
lorsqu’il veut les
leur donner. Il s’enferme
souvent dans un cercle excluant
tous ceux qui ne se sont pas engagés
à observer les règles révélées.
La façon dont les
pharisiens
comprenaient
la religion était la
plus néfaste d’entre toutes
à cause de sa subtilité. A son origine,
le mouvement était fondé sur la
Parole de Dieu, et il
paraissait
difficile
de prendre en défaut
ses exigences .Les pharisiens
s’étaient consacrés à garder la Loi
de Moïse, appelée la Torah (les cinq premiers
livres de la Bible), rédigée en hébreu
. Leur serment dédicatoire
s’appelait « prendre
le joug de la Torah »
. A partir
de
ce jour,
ils s’estimaient
mis à part pour servir
Dieu et vivre les uns pour les autres.
Ils se constituaient en un cercle fermé dans
lequel n’était admise que la personne
pieuse, un cercle qui les
séparait du monde des
pécheurs du
dehors.
A
vrai dire
, les exigences de la Loi
étaient fort simples. On pouvait les
résumer en l’amour pour Dieu et pour son prochain.
Cependant la religion est mal à l’aise
devant la simplicité.
Au lieu de
se
demander
comment observer
la Loi de Dieu, ils se demandèrent :
« Comment ne pas l’enfreindre ?»
La question étant ainsi posée,
elle suscita toutes sortes
de débats et incita
les
pharisiens
à se donner des
lois dont l’observance
devait empêcher l’homme
d’enfreindre la Loi de Dieu.Ces lois,
faites par l’homme, s’appelaient des « garde-fous »,
c’est-à-dire que, tels des garde-fous,
disposés autour de la Loi de Dieu,
elles devaient empêcher les
fidèles d’en approcher
et ainsi
de
l’enfreindre.
Ils ne se rendirent
pas compte que, s’ils avaient
uniquement recherché l’amour, ils auraient
pu garder toute la Loi et bien plus
. Au lieu de cela, ils se sont
embourbés dans
un marécage
de règles
sans
fin et sans
signification. Ces
« garde-fous » couvraient
chaque domaine de la vie. Il y avait
des règles sur la façon de s’habiller, sur ce
que l’on pouvait boire et manger,
les endroits où l’on pouvait
ou ne pouvait pas aller,
ce que l’on pouvait
ou plutôt ce que
l’on

ne
pouvait pas
faire le jour du
sabbat, les gens que
l’on ne devait pas fréquenter
et des centaines de petits rites qu’on
devait observer en mangeant, priant ou jeûnant.
Ils rappelaient sans cesse ces lois à
l’Israélite laïque qui se sentait
coupable de ne pas vivre
selon le modèle
de sainteté
que
les pharisiens
avaient proclamé
être la vérité définitive.
Le mal de ce système ne résidait
pas en ce que la loi interdisait ou ordonnait
(bien que pour la majeure partie, il ne
s’agissait que de choses futiles
et absurdes),
mais plutôt
dans
sa
racine
Les pharisiens
observaient ces règles
pour que Dieu les accepte ;
le niveau de leur obéissance à la Loi
indiquait leur place sur l’échelle qu’ils
gravissaient laborieusement dans l’espoir
d’atteindre Dieu. Cependant aussi
louable que puisse être le but,
on ne peut atteindre Dieu
par l’observance de
lois et de
rites.
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