Ex 4 ; 20 à 26
Col 2 : 8 à 23
Dieu
l'attaqua et voulut
le faire mourir.
Que la cible de Dieu soit Moïse
ou son fils, cette image d'un Dieu offensif,
meurtrier même
est franchement déplaisante
Pourtant,
le passage est bien là
et il faut bien s'y frotter,
s'interroger sur le Dieu offensif,
sur la circoncision,
et sur l'interruption
féminine.
L'image d'un Dieu qui attaque,
un Dieu offensif ne nous semble pas
coller avec notre image du bon Dieu,
le gentil papa gâteau
qui nous aime et nous pardonne.
En fait, le père fouettard
que nous croyons voir
dans l'A T
et le Dieu tout sucre et miel
que nous croyons voir
dans le NT
ne sont jamais
que deux images
de Dieu.
Or, nous le savons,
nous n'avons pas le droit
de nous prosterner devant les images,
de les adorer
et de les estimer intouchables.
Bien sûr,
qu'au nom de Jésus Christ,
nous pouvons rejeter l'image
d'un Dieu bandit de grand chemin
qui se rue sur le voyageur en criant
"le prépuce ou la vie !".
Comment pourrait ion placer sa foi
, sa confiance en un tel Dieu ?
Mais l'image du bon Dieu
qui ne ferait pas de mal à une mouche
ne vaut pas mieux,
à mon sens,elle est même
encore pire.
Le nom de Moïse
n’est jamais cité dans les deux versets
qui racontent cette attaque.
Aussi on peut se demander
si la cible de Dieu
est Moïse ou son fils.
Il est en effet,
fort probable que nous ayons ici affaire
à une tradition particulière
racontant la circoncision du fils de Tsipora
et que la victime de l’attaque
de Dieu soit le fils de Moïse
(ce qui d’ailleurs rend le récit
bien plus logique).
Quoiqu’il en soit,
il est indéniable que
cette agression tourne autour
d’une question de circoncision.
Et il est quasiment certain
que la circoncision est ici
vécue comme un signe
d’appartenance.
la circoncision
comme marque dans la chair
de l’appartenance à Dieu
est un thème récurrent
du Premier Testament.
Donc on peut dire ici
que Dieu s’attaque
à ce qui n’est pas
à lui
Et je crois que cette idée
n’est finalement pas si étrangère
au Nouveau Testament.
En effet,
en relisant ce texte à la lumière
du Nouveau Testament,
nous n’avons pas besoin de le rejeter,
nous pouvons simplement
nous rappeler que la circoncision
est celle du cœur
et surtout que c’est
sur la croix que Dieu est offensif,
qu’il s’attaque à ce qui n’est pas à lui.
Ce qui n’est pas à lui,
c'est-à-dire ce que Paul appelle
le vieil homme,
tout ce qui nous conduit
encore et toujours à rejeter Dieu
et à chercher
à être Dieu nous même.
Sur la croix,
c'est-à-dire qu’il devient lui-même,
pour nous, la cible de
son attaque.
Oui, sur la croix
Dieu concentre, contre lui-même,
toute la colère que suscite
notre rébellion.
Ce n’est pas en niant le mal,
en disant « ce n’est pas si grave »
que Dieu nous épargne,
c’est en prenant sur lui
les conséquences
de ce mal.
C’est une théologie très traditionnelle,
j’en conviens.
Mais elle me paraît finalement
bien plus percutante,
bien plus radicale dans l’affirmation
de l’amour de Dieu que l’inoffensive théologie
du Dieu gentil
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