Cette veuve
que Jésus observe mettre
ses deux petites pièces dans le tronc du temple
Si peu, peuvent penser les témoins,
à quoi ça sert ? Ce n'est pas ce qui va
équilibrer les comptes
du temple !
"Elle a mis plus
que ce que les riches viennent de mettre"
remarque Jésus.
Elle est veuve,
privée de toute sécurité matérielle
, infiniment pauvre.
Elle apporte à la maison de Dieu toute sa richesse
, et pas seulement le
superflu.
Cette autre femme qui,
au contraire, verse du parfum sur la tête de Jésus
Un parfum de grand prix,
dans un flacon d'albâtre, non moins précieux.
Quel gâchis pensent les témoins,
forts de leur bonne conscience,
on aurait pu donner cet argent aux pauvres.
Et là encore, la réaction de Jésus est une surprise :
"Laissez-la faire, des pauvres,
vous en aurez toujours avec vous, mais moi…"
et il annonce sa mort imminente.
Nous sommes
en pleine "économie de la grâce".
Tout le contraire de celle du capital,
du rendement, de l'efficacité mesurée et du gagnant gagnant,
version moderne du
donnant donnant.
Dans les deux cas,
c'est l'attitude du cœur qui est soulignée par Jésus.
Que je donne peu ou que je
donne beaucoup,
ce qui importe c'est que je le fasse
par amour pour mon Dieu de qui
j'ai tout reçu.
Ces deux petites pièces
de la veuve sont des actions de grâce
qui montent comme des parfums sur le trône divin
et qui retomberont en bénédictions sur le temple,
sur le monde, avec abondance.
Elle a donc bien donné plus
que tous les autres !
Quel encouragement
pour mes faibles moyens, quel levier ai-je
par ma communion avec Dieu.
Nous sommes si souvent découragés,
mais sait-on donner ce qui nous coûte,
et pas seulement notre superflu.
Dans le respect de la création,
là où le monde nous invite à ces petits gestes en faveur
de l'environnement
(restrictions de consommation, tri de déchets etc.),
en comptant sur l'effet des grands nombres
pour changer les choses,
sait-on multiplier ces petits gestes
par action de grâce comptant sur Dieu
pour bénir le monde.
Ce que je fais est toujours bien maladroit.
"On aurait pu donner cela aux pauvres !"
On peut toujours
critiquer les bonnes intentions,
avec nos critères humains.
Mais quelle en est la valeur aux yeux de celui
"qui regarde au cœur" ?
Même ce gâchis de parfum prend une toute autre dimension.
Qu'elles soient petites ou grandes,
nos œuvres sont donc à évaluer
en fonction de notre relation intime
avec notre Créateur et notre Sauveur,
qui sait multiplier les quelques pains
et quelques poissons.
P Jeanson
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