Or
maintenant,
Éternel, tu es notre père :
nous sommes l'argile, tu es celui
qui nous as formés, et nous
sommes tous l'ouvrage
de tes mains
Es 64,7
la
chair,
créée par Dieu
comme un potier :
Jb 10,8; Gn 2,7;
ou un
tisserand :
Jb 10,11
donc
digne
d'admiration
Qo 11,5; 2 M 7,22--23
ne véhicule pas, au départ, de
connotation péjorative ni d'infériorité.
Elle nous permet de nous extérioriser, de
communiquer,nous fait frères
Gn 29,14; Gn 37,27
ou époux
Gn 2,23,24
et construit
la communion
entre nous. Elle ne se
limite pas au corps, ce qui
serait l'«horizontaliser», la stériliser
en la privant de son orientation verticale
vers sa finalité divine : elle a
peur, désire, se réjouit
Ps 84,2--3;
Pr 4,22
Un
coeur
de chair, sensible
et intelligent (d'une chair
se reconnaissant telle, avec ses limites),
comprenant et appliquant les
commandements divins,
est préférable à un
cœur de pierre,
endurci,
un
esprit
bouché
Ez 11,19;
Ez 36,26;
Za 7,12
Maudit
l'homme qui
se confie en l'homme,
et qui fait de la chair son bras,
et dont le coeur se retire
de l'Éternel !
Jr 17 5
Les
actes humains
doivent exprimer
l'OEuvre du Créateur
le prolonger. L'image qu'est
l'homme ne pouvant subsister
indépendamment de Celui qu'elle
doit exprimer, elle doit rester ouverte à
Son souffle. Le mal et la souffrance
physiques, ainsi que les divisions,
sont, pour les Hébreux,
le résultat du mal
moral
le
livre
de la Genèse
en est une illustration,
l'homme se désolidarisant de
sa femme, puis de sa parentèle,
du péché de la chair se fiant
à elle-même, ou à des
«citernes percées»
Jr 2,13
Le
péché
provient d'une
«erreur de visée»
de notre nature, d'une
insubordination de la créature
à son Créateur. La chair s'égare si
elle se fie à elle-même et non à Dieu
qui la maintient en vie, l'homme se perd
s'il veut disposer libertairement de sa
propre vie. Le péché, rejet
de l'amitié, de la
dépendance
vitale
entre
Dieu et
Adam le glébeux,
issu de la terre mais, grâce
à sa relation privilégiée à Dieu,
ne s'y limitant pas ,s'exprime
par une utilisation de
chaque partie
du corps
sans
référence
à l'usage voulu
par Dieu. Ainsi la chair
signifiera parfois la chair voulue
pour elle-même, poursuivant son but
propre, refusant de reconnaître son
caractère de dépendance
vis-à-vis de Dieu,et
s'opposera alors
à l'esprit
S'
abîmant
ainsi dans les
iniquités et les «sépulcres
de la convoitise» (Nb 11,4), elle
creuse la distance entre Dieu et l'homme.
La chair n'est bonne qu'ordonnée à Dieu et à
l'esprit, et telle est le sens de la circoncision,
et de la phrase de Paul : La chair
convoite contre l'Esprit,
et l'Esprit contre
la chair
Ga
5,17; cf.
Ga 3,3
La
chair n'est
chair qu'unie à l'âme,
vivifiée par l'Esprit --- l'hébreu
ne nomme jamais «chair»
un cadavre
cf. 2R 9,37

La
chair est
dès la création signe
de l'Alliance que j'établis
entre moi et toute chair qui
est sur la terre
Gn 9,17
et de
la
promesse
de fécondité faite
à Abraham. L'Alliance,
extériorisée par la circoncision
(Gn 17), écarte l'enflure du moi pour
révéler l'homme à lui-même
en le reliant à Dieu,
en le faisant
membre
de
Son peuple.
Toute la vie humaine
devant être reliée à Dieu,
la notion de circoncision s'est élargie
aux lèvres Ex 6,30; Ha 2,15
à l'oreille Jr 6,10
et à toute
impureté
Lv 19,23;
Es 52,1
à l'idolâtrie,
l'infidélité (Israël
est incirconcise
de coeur,
Jr 9,25;
Ôtez
le prépuce de
votre cœur
Jr 4,4
l'hypocrisie,
l'orgueil
Lv 26,41
Cette
tension entre
les sens extérieur
et intérieur de la circoncision
devient paroxystique dans le
Nouveau Testament
La circoncision
est utile, si tu mets en
pratique la loi ; mais si tu
transgresses la loi, ta circoncision
devient
incirconcision.
Rm 2,25
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