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2012-02-16T08:47:00+01:00

les pauvres et la cène : communion ?

Publié par sulamite -

 

 

 

 Car

toutes

les fois que

vous mangez ce pain

et que vous buvez cette coupe,

c’est la mort du Seigneur

que vous annoncez,

jusqu’à ce qu’il

vienne. ...»

1 Co 11,26

 

Paroles

bien connues... 

On croit si bien les

connaître qu’on oublie leur

gravité dans le contexte où elles

apparaissent (verset 17 à 22).

En rappelant le dernier

repas de Jésus

avec

ses disciples,

Paul précise ce qui est

en jeu quand, fraternellement,

on mange ensemble dans l’Eglise.

Car le problème soulevé était

celui de repas non-partagé

et non celui de

la cène.

Ce

passage

montre que

le repas fraternel

n’est ni anodin ni mondain,mais

qu'il est la mise en scène de l’Evangile,

une image de la grâce. Quiconque y

participe devient, lui-même,

une part de ce qui est

arrivé, un morceau

de ce qui est

raconté

Paul

reprend

et exhorte les

Corinthiens sur différents

  sujets.Les dissensions et les ambitions,

les clans et les coteries, le sens de la croix

du Christ, les conduites sexuelles,

les enthousiasmes

spirituels, les

choses que

l’on

mange,

la résurrection

des morts, etc. :

ces questions et d’autres

encore ont retenu l’attention

de l’apôtre depuis le premier chapitre

de cette épître jusqu’au chap. 11.

L’auteur fustige les chrétiens

qui mangent mal ensemble

à Corinthe

(v17 à 19).

vous

vous réunissez, 
non pas pour le meilleur,

mais pour le

pire. 


Or

la communauté

chrétienne

de cette

ville

était composée

  des personnes de conditions

sociales très différentes, qui n’étaient

pas en communion 

versets 21 à

22

 

bread_and_wine-_artistic_kjyl.jpg



Entre

n’avoir rien et n'être

personne…


A

l’époque,

le repas du

Seigneur faisait partie

intégrante des repas fraternels.

Comme dans bien de cultures, le festif

et le rituel étaient liés. Ici le mémorial de la

Cène donnait sens à cette restauration

communautaire, et fondait

la convivialité.

Ce n’était

donc

pas un simple

dîner entre amis,

mais une commensalité

devant Dieu. Paul s’en prit aux

pratiques des Corinthiens car ceux qui

avaient à boire et à manger ne se souciaient

pas de ceux qui “n’avaient rien”.

  Outre leurs provisions,

les gens aisés

semblaient

disposer

de

plus de

temps et de

liberté que les petits

travailleurs ou les domestiques

les retardataires, ceux que

l’on “n’attendait”

pas

 

Donc,

lorsque vous

vous réunissez, 

ce n'est pas pour prendre

part au dîner du Seigneur ; 

 car au moment de manger, chacun se

hâte de prendre son propre dîner, 

de sorte que l'un a faim tandis

que l'autre est

ivre. 

 


 

Comment

rendre grâce

pour un partage

qui n’en était pas un, puisque

tout se partageait “entre soi”, entre

gens du même milieu social ?

Entre n’avoir rien et

n' être

personne,

il n’y a qu’un pas !

Les inégalités sociales finissent

ainsi en logiques d’exclusion

y compris dans

l’Eglise ! 

 

 


 

Une

bénédiction qui a mal

tourné



Devant

cela, Paul lâche

des mots durs : mépris de

l’Eglise, humiliation des pauvres,

désinvolture spirituelle, irresponsabilité :

tout y passe  avec en prime cette terrible

imprécation du “jugement contre

soi-même

 

C'est

pourquoi celui

qui mange le pain 

ou boit la coupe du Seigneur

indignement sera coupable envers le corps

et le sang du Seigneur.  Que chacun s'examine plutôt lui-même, 

et qu'ainsi il mange du pain et boive de la coupe ; 

car celui qui mange et boit sans discerner

le corps mange et boit un

jugement contre lui-

même. 

 v 28 29

 


Cette

commensalité

dévoyée apparaît alors

comme un sabotage pur et simple

de la cène. Ne pas se soucier

de la part de l’autre

à ce qui symbolise

la vie, c’est

contribuer

à

son

dépérissement.

Ne pas se préoccuper

de la “part manquante”  quand

précisément on donne à voir l’Eglise,

c’est mutiler le corps du Christ, parfois même

en rendant grâces ! Telle la manne de

la cupidité (Exode 16,20),

toute bénédiction

qui

est gardée

pour soi et “entre soi” 

se corrompt. Tout bonheur non

partagé se transforme souvent en fléau ! 

Manger ensemble devant Dieu est une grâce.

C’est comme esquisser la cène et donc

célébrer l’événement de la Croix.

Celui-ci fait des chrétiens

de toute condition,

ceux d’hier

et

d’aujourd’hui,

les convives d’une

même alliance. Communier

à cet événement, c’est-à-dire, y avoir

sa part et en être ainsi partie prenante,

c’est  symboliquement en être

contemporain.

Accueil,

convivialité,

partage, etc. : ce

ne sont pas des beaux mots

à répéter avec légèreté, mais des outils

délicats du discernement du Christ vivant,

de ce qu’il veut que nous montrions

à tous jusqu’à ce qu’il

vienne. 

 

 

 

 


 

 


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