Comment faire
de ces repas des moments forts
pour la vie spirituelle
des participants ?
Il me semble essentiel
que ceux qui président ce moment
s'y préparent et ne se laissent pas
gagner par la facilité de la répétition
de quelques paroles.
Tout en sachant qu'il peut y avoir
des cènes bien préparées
où il ne se passe rien et d'autres
préparées dans la superficialité
où il se passe quelque chose de fort.
Les personnes qui président la cène
sont toujours liées à l’action de Dieu
qui peut utiliser ce moment
d'une manière ou
d'une autre.
Ce qui est important,
c’est que celui qui préside réfléchisse
à la manière de communiquer
quelque chose de pertinent
à la communauté.
Il y a aussi un enseignement à dispenser
pour amener chaque chrétien
à prendre conscience
que ce n’est pas un événement banal.
C’est un repas où le Seigneur
nous accueille personnellement,
où le Seigneur nous reçoit à sa table
au travers du pain et du
vin partagés.
:« A ne pas prendre
la cène au sérieux, on se prive de bénédictions »...
De quelles bénédictions
se prive-t-on ?
Si la cène
me permet de faire un examen
de ma relation avec Dieu,
c’est déjà une première
bénédiction !
Les cènes se déroulent très vite !
A-t-on vraiment le temps de se dire :
où est-ce que j’en suis dans
ma relation à Dieu ?
Si nous étions
pleinement conscients de ce que ce repas signifie
et peut nous apporter,
nous pourrions l'inscrire dans le registre du désir.
Lorsqu'on aborde un repas en ayant faim
, on l'apprécie autrement que si l'on est déjà rassasié !
Si nous pouvions aborder la cène en disant :
« Mon âme a faim et soif de toi »,
peut-être que nous pourrions alors vivre
un réel temps de communion.
Avant de prendre la cène je demande
toujours au Seigneur de me montrer
ce qu'il veut m'y faire
découvrir.
Imaginez-vous
que le Christ est là en face de vous
et que lui-même vous accueille à sa table
et vous offre le repas ?
Ça peut être un
des éléments !
Dans ces circonstances
incite-t-on suffisamment les membres
de nos Eglises à visualiser et à imaginer
ce qui est en train
de se passer ?
C’est tout le travail
de l’imaginaire pour rendre présent
le texte de l’Evangile et le vivre comme si nous étions
participants à cette rencontre ou à cet événement.
Cela peut nous aider,
même si cet effort d’imagination n’est peut-être
pas possible pour tous.
A mon sens, le président
peut poser une question simple à laquelle
les personnes présentes
vont réfléchir.
Et quelle serait cette question ?
Au travers
du repas du Seigneur
, on peut mettre de nombreux thèmes en avant :
les différentes significations de la croix,
le Christ qui nous offre
une communion renouvelée au travers du pain
et du vin, la cène comme message d’espérance
dans l’attente du Royaume...
En lien avec ce dernier thème,
la question que l’on adresse à la
communauté pourrait être :
en quoi cette cène
vous donne-t-elle un avant-goût du festin
des noces de l’Agneau et
donc est-elle source
d’espérance
« La cène est un chemin de guérison ».
En quoi ?
Lorsque nous
nous approchons de la cène,
nous pourrions simplement nous poser
la question de savoir ce que nous sommes invités
à déposer au pied de la croix.
Peut-être peu de chose
parce que notre semaine s'est passée
sans tensions excessives, sans dérapages manifestes.
Notre plus grand péché ne serait-il pas
de mépriser si souvent ce chemin de communion
et d'intimité que le Seigneur nous
propose ?
Si nous pouvons goûter
personnellement le pardon de Dieu,
nous sommes aussi invités à l'expérimenter
de manière communautaire. Je reste étonné face
à des communautés où il y a manifestement
des conflits entre des groupes de personnes
et où on participe
au repas du Seigneur comme si de rien n’était.
Ce n’est pas normal !
On doit faire nôtre la parole du Christ :
« Si donc, au moment de présenter
ton offrande devant l’autel,
tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi,
laisse là ton offrande devant l’autel,
et va d’abord te réconcilier avec ton frère ;
puis tu reviendras présenter ton offrande »
Mt 5. 23-24
Que se passe-t-il
si la cène est prise en gommant
les conflits ?
On perd une dimension importante :
celle de l’unité au sein de la communauté.
Quand l’apôtre Paul
fait ses remarques dans sa première épître
aux Corinthiens au chapitre 11,
il le fait parce que la communauté
corinthienne devrait vivre l’unité et vit la division.
Et la cène devient facteur de division...
Comme il le dit : certains sont ivres et d’autres ont faim !
Si cette unité n’existe pas dans notre Eglise,
interrogeons-nous sur les raisons de
cette désunion !
N’a-t-on pas peur souvent
de semer le désordre dans le cadre d’un culte
et de souligner qu’au sein de notre communauté
il y a passablement
de tensions ?
Tout dépend de chaque communauté !
Si vous vous trouvez
dans une communauté très conflictuelle,
ce n’est peut-être pas la cène qui permettra
de laver votre linge sale.
Là, il faut être prudent !
Dans le repas de la cène, il y a un appel
à être conséquent dans la manière
dont nous vivons notre relation verticale
avec le Seigneur et notre relation horizontale
avec les frères et soeurs
. On ne peut pas dire que l’on aime Dieu
si on n’aime pas son frère.
Si dans la communauté il y a des tensions
entre plusieurs personnes,
à mon sens c’est anormal que l’on fasse comme si de rien n’était !
Pour avoir vécu des moments de réconciliation
autour de la cène, je dois reconnaître que ces cènes-là
font partie de celles qui ont été
marquantes dans ma vie.
Dans des circonstances difficiles,
quelqu’un a eu le courage d’aller vers un frère
ou une soeur pour lui demander publiquement pardon.
Après cela, il est évident que le partage
du pain et du vin constitue un moment
qui unit la communauté d’une manière
surnaturelle.
De temps en temps
ne vaudrait-il pas la peine de vivre un culte
uniquement autour de
la cène ?
Cent pour-cent d’accord...
Il faut avoir la volonté de vivre cela
et de le mettre en route !
Si on prend le temps de réaliser
ce que l’on est en train de vivre, ce pourrait être un culte
qui nous transforme et nous guérisse !
Bien souvent le danger de la cène,
c’est qu’on la prend dans la verticalité :
« Je suis devant le Seigneur.
Je vais prendre le pain et le vin.
Je vais faire une mise au point,
afin de redécouvrir un aspect de ma relation à Dieu. »
Et j’oublie qu’à côté de moi
il y a un frère ou une soeur qui va
partager le même repas.
L’horizontalité est aussi extrêmement importante.
On devrait pouvoir se quitter
lorsqu’on a pris la cène avec un regard différent
sur le frère ou la soeur qui est
à côté de nous.
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