Il
leur
proposa
une autre parabole :
«Il en va du Royaume des
cieux comme d'un homme qui a semé
du bon grain dans son champ.
Pendant que les gens
dormaient,
son
ennemi
est venu ;
par-dessus, il
a semé de l'ivraie en
plein milieu du blé et il s'en
est allé. Quand l'herbe eut poussé
et produit l'épi, alors apparut aussi l'ivraie.
Les serviteurs du maître de maison
vinrent lui dire : "Seigneur, n'est
ce pas du bon grain que
tu as semé dans
ton champ ?

D'où
vient donc
qu'il s'y trouve
de l'ivraie ?" Il leur dit :
"C'est un ennemi qui a fait cela."
Les serviteurs lui disent : "Alors, veux-tu
que nous allions la ramasser ?"
"Non, dit-il, de peur
qu'en ramassant
l'ivraie
vous
ne
déraciniez
le blé avec elle
. Laissez l'un et l'autre
croître ensemble jusqu'à la
moisson, et au temps de la moisson
je dirai aux moissonneurs :
ramassez d'abord l'ivraie
et liez-la en bottes
pour la brûler ;
quant au blé,
recueillez
le dans
mon
grenier."
Selon
une interprétation
ancienne trop commode,
l'ivraie symboliserait les païens
et le bon grain les chrétiens.
l' ivraie , en grec
«Zizania»,
a donné
en
français
«zizanie»,
En latin «ébraïca»,
ce qui signifie «qui enivre».
«L'ivraie, dit Jésus plus loin dans le
texte, c'est ceux qui font le mal.»
L'ivraie pousse en chacun
de nous. La bonne
herbe et la
mauvaise
s'y
mêlent Que
devons-nous
en faire ?Qui fait le tri ?
Ceux qui font le tri entre le
bon grain et l'ivraie, les moissonneurs,
ne sont pas les serviteurs du
Fils de l'homme,
le semeur
du
bon
grain , mais
les anges de Dieu.
Autrement dit, c'est à Lui
seul qu'il revient de faire le tri
entre ce qui est inique et ce qui ne
l'est pas. Cette considération nous
invite à être circonspects dans
le jugement envers autrui,
comme le montre
Mt18,15-18 :
«Tout
ce
que vous
délierez sur la
Terre sera délié au ciel»
. Une telle mansuétude vaut
aussi et même d'abord pour nous. Ne
devons-nous pas en effet renoncer
à être «purs»coûte que coûte,
mais bien plutôt accepter
notre pauvreté
radicale
d'êtres
finis ?
Et
donc,
renoncer
à extirper nous
mêmes l'ivraie qui
pousse en nous ? Autrement dit,
cesser de nous surveiller
et de nous juger
durement.
Pourquoi
pousse
-t-il
de l'ivraie
dans l'Eglise ,
le champ que Jésus
a lui-même ensemencé ?
Pourquoi pousse-t-elle en nous ?
Pourquoi, comme le dit Paul
«Je fais le mal que je hais
et je ne fais pas
le bien que
j'aime.»
Ro 7,19
Question difficile !
Elle appelle en retour
notre confiance dans le Christ ;
n'est-ce pas Lui, Lui seul, qui finalement
fera émerger en nous ce qui
lui plaît ?Ne devons
nous
pas
commencer
par accepter nos
faiblesses et celles d'autrui ?
Ce travail d'empathie avec soi-même
comme avec les autres, véritable travail de
«conversion» du regard, est toujours
à reprendre. Comment faisons
nous ? Sommes-nous prêts
à nous faire aider ou
accompagner si
besoin
est
?
«Ne
jugez pas
afin de ne pas
être jugés
Mt 7,1
Parole
inconfortable,
tant le mouvement
qui nous pousse à juger
est spontané. La graine du
mal qui nous invite à condamner
autrui, comment l'empêcher
de tout envahir ?
Sinon en nous
rappelant
les
épisodes
de notre vie
où nous avons fait
l'expérience de la bonté
du Père ? Les moments clés
où nous avons senti que seuls le
pardon et l'amour comptent.
Et c'est la première
loi de
vie.
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