Bilan
C’est la synthèse de tous ces indices qui permet au lecteur
de savoir comment mieux comprendre le texte.
Qui a été le prochain de cet homme à demi-mort?,
demande Jésus au docteur de la Loi, qui rappelons-le,
l’a d’abord interrogé sur
la vie éternelle.
Le prochain, dans l’histoire, c’est le Samaritain.
Or le docteur de la loi est incapable de s’identifier
au Samaritain, ce qui fait qu’en réalité,
dans cette parabole, le docteur de la Loi est indirectement
identifié… à l’homme blessé !
Le prochain, c’est celui qui s’approche de l’homme blessé.
Le docteur de la Loi, c’est l’homme blessé
qui doit être soigné.
Or de même que les auditeurs
ne s’attendent pas à ce que ce soit un Samaritain
qui vienne secourir l’homme blessé,
de même le seul qui peut secourir le docteur de la Loi,
lui apporter la vie éternelle, ne correspond pas
à ses schémas personnels.
En effet, les espérances messianiques des Juifs de l’époque,
leur attente concernant la venue du royaume
diffèrent profondément de ce que Jésus apporte.
Souvenons-nous du scepticisme de Nathanaël:
«Peut-il venir de Nazareth quelque chose de bon?»
Jésus, comme le Samaritain pour les auditeurs
de la parabole, ne correspond pas à celui qu’on attend
pour secourir l’homme blessé.
C’est la révélation du salut par lui que Jésus apporte
dans cette parabole.
A ce sujet, Jésus déclare au verset 21:
«Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que
tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents,
et de ce que tu les as révélées aux enfants.»
Le caractère sans limite de l’amour du Samaritain
qui s’approche du blessé nous rappelle bien sûr
l’attitude de Jésus.
Le Samaritain est avant tout une référence à Jésus,
son œuvre pour les hommes blessés que nous sommes
ou l’homme blessé qu’est le docteur de la Loi.
C’est ému de compassion que le Samaritain
s’arrête pour soigner le blessé;
c’est ému de compassion que Jésus
rencontre les blessés sur leur route.
C’est le renversement de la question
(non «qui est ton prochain que tu dois secourir»
mais «de qui es-tu le prochain qui va te secourir»)
qui montre qu’avant de donner, il faut recevoir.
La vie éternelle commence quand l’homme blessé
se laisse prendre en charge par le Prochain.
Le docteur de la Loi ne pourra recevoir la vie éternelle
que s’il reconnaît son besoin d’être sauvé.
Cela rejoint bien ce que Jésus dit par ailleurs:
«Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin
de médecin, mais les malades.»
Lorsque Jésus dit au docteur de la loi:
«Va et fais de même», cela signifie donc:
«Va et accepte d’être secouru par le prochain»,
à savoir par Jésus lui-même.
Cette thématique du salut se retrouve d’ailleurs
dans les textes encadrant cette parabole,
que ce soit l’envoi en mission de Jésus
et le peu d’ouvriers de la mission ou l’épisode de Marthe et Marie
et son écoute du prochain qui
s’est approché de nous, Jésus.
C’est là la bonne part.
Bref, ce texte parle avant tout,
non d’être charitable par de «bonnes œuvres»
mais de Jésus qui a compassion de nous,
de vie éternelle et de salut.
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