Dans
l’univers
des adultes réalistes
auquel les jeunes suicidaires,
fugueurs et anorexiques refusent
de prendre part, il n’est guère
de place pour l’amour, la
passion, la grandeur
d’âme, et il n’y a
trop
souvent
que des ogres,
des marâtres, des traîtres,
des profiteurs et des sorcières.
Et l’on voudrait qu’ils acceptent
ce monde-là, qu’ils s’y plaisent
et qu’ils participent à ce
cauchemar ?
J Kelen
Nombreux
sont les humains
qui ne savent pas aimer :
c’est pourquoi ils possèdent,
ils étouffent, ils gavent, ils flattent,
ils enchaînent. D’une mère qui ne
lâche pas son petit d’une
semelle, ou d’un père
complaisant qui
passe tout à
son enfant
on ne
peut
dire qu’ils
« aiment trop » :
non, ils ont une
peur immense d’être
abandonnés
[…]

Sans
amour, la
vie ne vaut pas
d’être vécue. L’avions nous
oublié, nous les adultes
sérieux, réalistes,
endurcis ?
Avons
nous
à ce point
barricadé portes
et fenêtres que nous
refusions d’entendre ce cri ?
Certes, que des enfants, des
adolescents nous rappellent
cette vérité première
et qu’ ils soient prêts
à en mourir,
cela nous
remue
étrangement
. Mais cette constatation
s’accompagne de douleur,
elle rouvre une blessure que chacun
avait colmatée afin de vivre
bien tranquillement
. Car chacun le
sait au fond
de lui :
plus
il développera
ses capacités d’attention
et d’amour, et plus il sera bouleversé,
déchiré, crucifié. Alors, mieux vaut
rester dans son bunker solide,
dans son pavillon coquet.
Sans folie, sans
grandeur,mais
à l’abri.
J Kele
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