Abigaïl
n’hésite pas
prendre la faute sur elle :
« A moi la faute mon Seigneur !
Permets à ta servante de parler à tes oreilles,
et écoute les paroles de ta servante. »
Enlevant toute responsabilité
à Nabal qu’elle présente
comme fou, elle se
pose comme
seul
vis-à-vis de
David, et donc la parole
devient possible. Il n’y a plus
d’intermédiaire. Deux êtres se parlent,
en toute responsabilité,c’est
alors qu’apparaît
l’enjeu
de
l’histoire,
qui n’est pas
que l’histoire d’un
gentil contre un méchant.
L’enjeu, c’est la conscience de David,
futur roi d’Israël. Sa conscience
devant Dieu, devant les
hommes et devant
lui-même.
David
ne peut être
inconscient dans
l’usage de la violence.
Il ne peut ignorer le prix du sang,
quel que soit ce sang.En réveillant la
conscience de David, Abigaïl
le guérit d’une forme
de folie, née de
son exigence
et de sa
colère.
David
se laisse
fléchir, et c’est
Yhwh lui-même qui
fait justice : quelques
jours plus tard, Nabal meurt
Elle répare en lui le sens du
juste et de l’injuste.
« Maintenant,
mon
seigneur, aussi
vrai que l'Eternel est
vivant et que ton âme est
vivante, c'est l'Eternel qui t'a empêché
de répandre le sang et qui
a retenu ta main ».
David n'a
encore
rien
dit.
Mais
Abigaïl
est convaincue
de l'intervention toute
puissante de Dieu. Elle va au
devant de David avec cette certitude.
D'avance, elle voit le dénouement de
cet incident. Elle ne parle pas au
futur, mais au passé:
« L'Eternel
t'a
empêché »,
comme si la décision
de David était déjà prise.
On peut aussi relever l'humilité
de cette femme. Elle ne se met pas
en avant. Elle aurait pu se glorifier de son
acte, se présenter comme un
intermédiaire entre Dieu
et David. Mais, au
contraire,
elle
agît comme
tout chrétien devrait
le faire en toute circonstance
. Elle s'efface afin que toute la gloire
revienne au Seigneur, et à Lui seul.
Et David peut dire « Béni
soit l’Eternel, le Dieu
d’Israël,
qui t’a
envoyée
aujourd’hui à
ma rencontre. Béni soit ton
bon sens, et bénie sois-tu, toi qui m’as
empêché en ce jour de répandre le
sang, et qui a retenu main !
Cette attitude et
cette
action
d’Abigaïl
nous invitent à la
réflexion :il s’agit d’une
manière d’être qui est juste
, courageuse et salvatrice.Là où l’esprit
d’exigence de David, où l’inconscience
de Nabal, où l’irresponsabilité
des messagers de David,
avaient semé le vent
de la haine,
Abigaïl,
avec
sagesse,
humilité et
générosité, sait
éveiller la réflexion
On comprend alors qu’elle
porte en son nom cette affirmation :
« Le Père est joie ! »
Cela n'a pas dû être facile pour Abigaïl d'aller à l'encontre de la décision de son mari . Comme on le sait, la condition de la femme à l'époque était celle d'une esclave. La décision d'Abigaïl dans un tel contexte est un exploit. Il lui a aussi fallu faire preuve de courage pour aller à la rencontre de David. Elle ne savait pas comment il allait réagir. il aurait très bien pu refuser de l'écouter, la tuer Mais Abigaïl ne regarde pas aux difficultés. Elle a le but devant ses yeux: sauver sa famille coûte que coûte. Alors rien ne l'arrête. Ce qu’Abigayil veut obtenir |
de David, c’est qu’il renonce à son projet ;
en tout cas, c’est bien cela que David entend
Comment va-t-elle s’y prendre ?
d’abord elle renonce à deux
stratégies classiques :
elle ne formule
aucune
demande
directe, et elle ne fait
aucun reproche Abigayil s’y
prend donc autrement, avec plus
de subtilité. Son discours s’ouvre par
un appel à la bienveillance :
que David puisse
l’écouter elle,
Ce
préambule
une fois posé,
elle développe deux
thèmes principaux : son
interlocuteur n’a rien à craindre de
Nabal,mais il pourrait regretter
son geste, s’il devenait
meurtrier .
Sur
ces thèmes
essentiels se greffent
d’autres thèmes
Yhwh
a
empêché
David de faire
justice lui-même ;
Abigayil dit à David que
Yhwh fera pour lui « une maison
solide » que son âme sera « ensachée
dans le sachet des vivants », si des ennemis en
veulent à sa vie et que lui-même deviendra
« chef » sur Israël .En d’autres termes,
il sera poursuivi par le remords.
Décidément, David a intérêt
à ne pas verser le sang !
Si la folie est impulsive,
le sage sait qu’il a
intérêt à se
maîtriser ;
il a
tout à
perdre d’une
conduite violente ;
David accepte de renoncer
à tuer son adversaire non parce qu’il
a reçu un message de morale,
mais parce qu’il a compris
quel était son véritable
intérêt personnel.
Abigaïl , par
son
intervention
a sauvé sa maison
de la mort , évité à David de
commettre une injustice ce jour là ,,,
malheureusement , par la suite , la violence
et le règlement de comptes feront encore partie
de la façon qu'a David de régler les
problèmes,,,Ne confondons pas
nos » guerres personnelles «
avec les « guerres de
l'Eternel «
/image%2F0554638%2F201304%2Fob_3bfaef39b11098f302fba08b1971c8ac_37030251.png)
commentaires