Abigaïl, le refus d’être victime des circonstances
Abigaïl,
la joie de mon
père.
1 Sm 25
Nous fait
un récit dans
lequel Abigaïl intervient
avec une sagesse remarquable
les personnages en présence
sont David , Nabal
et Abigaïl
les
serviteurs ,
anonymes , ont
aussi une participation
déterminante , comme quoi , tout peut être
« important « , même des gens anonymes et
« de peu d'importance « qui restent
anonymes , en
coulisse ,,,
David
Il a déjà
reçu l’onction
royale du prophète Samuel
mais il n’exerce pas encore la royauté
. David a déjà fait ses preuves de guerrier.
Mais il est en fuite devant le roi Saül,
qui a déjà tenté plusieurs
fois de le tuer.
Et lui-même
vient
de montrer
sa sagesse et
sa mansuétude, en
épargnant la vie de Saül,
alors qu’il avait la possibilité
de le tuer dans la grotte d’En Guédi.
Ses hommes , à ce moment là ,
vont l'encourager, d'ailleurs,
à supprimer Saül
c'est important
de le noter
C’est
un homme en fuite,
réfugié dans le désert avec
ses hommes, donc un homme
dans le besoin, qui va adresser au riche
Nabal une demande de nourriture.
Et il a quelque raison
de penser que sa
demande
va
être
agréée,
car il a manifesté
de la bienveillance,
voire exercé une certaine
protection envers les bergers de Nabal.
De plus, l’époque de la tonte des
moutons est propice, car
elle donne lieu à des
réjouissances ,
à des fêtes,
et c’est un
temps
de générosité
et d’hospitalité.Quel est l’état
d’esprit de David quand il s’adresse à Nabal ?
Comment s'adresse t il à lui ?
Qu’a-t-il derrière la tête ?
Il semble bien que
David,
dans cette
histoire, s’inscrive
dans une logique de remboursement
de dette. D’une certaine façon, sa demande
a un caractère d’exigence. « Nabal me doit
bien cela, puisque moi-même
je lui ai rendu
service. »
Evidemment
il ne l’exprime pas ,
mais il s’attend , d'une manière
légitime à ses propres yeux à ce que
Nabal lui vienne en aide .
De la manière que lui,
David juge juste et
bonne.
Il ne
s’agit que
d’un juste retour
des choses, d’une sorte
de droit acquis.
C’est
très humain,
quand nous pensons
avoir fait un peu de bien
à quelqu’un, de nous attendre
à ce qu’il nous fasse du bien
à son tour, surtout si
nous en avons
besoin.
Et
cette attente
n’est pas forcément
d’ordre matériel, comme
dans l’histoire de David mais
elle a également un aspect moral et spirituel.
Comment quelqu’un à qui nous avons fait
du bien pourrait-il refuser –ou même
simplement s’abstenir- de nous
faire du bien quand
nous le
lui
demandons,
et même sans que
nous ayons à le lui demander ?
Et s’il ne peut nous faire du bien, au moins
il nous veut du bien. Il nous le souhaite.
Il nous aime pour ce que nous
avons fait de bon à
son égard.
N’est ce
pas
là la simple
loi de la réciprocité ?
Ou du moins de la gratitude,
de la reconnaissance. Cette loi
qui assure de bonnes relations humaines
, familiales, sociables…quand elle fonctionne.
Mais quand elle ne marche pas ?
Quand l’attente est déçue ?
Les conséquences
peuvent être
terribles.
la réaction de David
le montre : Le refus de Nabal
provoque chez lui une colère aveugle
, qui le pousse à lever son armée
pour aller se servir lui-même
et faire couler le sang.
La violence
de cette
réaction
est proportionnelle
à son attente et donc à sa déception.
on voit le danger de cette logique
de dette, de cette attente du
bien qu’on doit nous faire,
parce que nous
l’avons
mérité : danger
de la déception,
de la colère, de la
rancune, et de la violence.
Et en même temps nous voyons bien,
au fil de nos expériences humaines
que l’amour ou le don gratuits
sont de beaux programmes,
mais que dans la réalité
la note à payer est
souvent
lourde. Et que
plus elle est invisible,
plus elle pèse.On peut parler
d’amour, de don, de grâce,cela ne nous
empêche pas de marcher
dans une logique de
mérite,
et souvent
dans la dette,
dans la déception,
dans la rancoeur.Sans même
nous l’avouer à nous-mêmes, nous
espérons quelque chose
en retour du bien que
nous faisons :
ce n’est
ni de
l’or ni de
l’argent ni un
quelconque bienfait
matériel, mais peut-être un peu
de considération, la reconnaissance
de notre rôle, ou simplement cet amour
que nous pensons quand même
avoir bien mérité.Et après tout
cette attente est tellement
humaine,,,
David envoie
donc dix de ses hommes
Un messager peut faire office de
porte-parole personnel d’un homme à un
autre, mais dix ? Il ne s’agit plus
d’un messager de confiance,
mais d'une force pour
d'intimidation
abigail
lI
serait
simpliste de déclarer
que David est le gentil
alors que Nabal est cruel , le méchant
Au point de départ, c’est David,
et lui seul, qui veut verser
le sang ! Sûr
de sa
supériorité
morale il a l’intention
de tuer celui qui s’oppose à lui,
avec tous les siens : il est habité par
un instinct de violence et de vengeance
Pour que David renonce à la violence,
il faudra l’intervention de la
femme de Nabal ,
Abigaïl
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