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2012-02-09T09:14:00+01:00

abandonnique (2 )

Publié par sulamite -

 

 

 

 

 







                                                                    Les
                                           abandonniques
                                         ont toujours deux

caractères en commun :

l'angoisse et l'agressivité qui

se rattachent à un état psychologique

initial, caractérisé par l'absence d'un juste

sentiment du Moi et de sa valeur propre.

C'est sur l'angoisse qu'éveille

tout abandon, sur

l'agressivité

qu'il fait

naître

et sur la

non-valorisation

de soi-même qui en découle,

que s'édifie toute la

symptomatologie

de cette

 névrose.

 

a) les peurs et l'angoisse

Non

valorisé,

l'enfant se trouve

dans un état de faiblesse et

d'impuissance qui donne naissance

aux terreurs. L'adulte qu'il devient ne peut

s'en délivrer, il reste ce qu'il était :

un être prématuré devant

la vie, incapable de s'y

adapter

par

lui-même,

la réalité demeurant

pour lui hostile et inaccessible.

Pour Odier , les peurs et angoisses

de l'abandonnique, soit à l'état de veille,

soit à l'état de sommeil (cauchemar), ont toutes

les caractéristiques des terreurs primaires

de l'enfant en face des êtres et objets

doués par lui d'une toute-puissance

maléfique. On peut

retrouver des

peurs

cosmiques

(tremblement de terre, ...),

physiques (feu, vide, armes, animaux,

maladies, mort, ...), psychiques dont l'objet

central est la peur de manquer

d'amour ou peur de

le perdre.



Parmi

celles-ci il y a :

la peur de se montrer
tel que l'on est : l'abandonnique doute
qu'on puisse l'aimer tel qu'il est, car il a fait
la cruelle expérience de l'abandon,
alors qu'il se proposait à la
tendresse des autres,
tout petit, donc sans
artifice


- la peur
du risque affectif :
l'angoisse de l'abandon et
de la solitude entraînent une peur
intense de tout ce qui peut
comporter un risque
dans ce
sens


a) la
peur de la
responsabilité :
pour éviter ce risque,
l'abandonnique ne s'engage
affectivement vis-à-vis de rien
ni de personne à moins de garanties
sérieuses. D'une manière générale,
il redoute la responsabilité et a
tendance à la rejeter
sur autrui

Hanté

par la peur

de perdre l'amour,

l'abandonnique cherche

à se préserver de ce malheur

et de l'angoisse qui l'accompagne par

des mesures de protection, tantôt négatives

(refus de s'engager, s'infliger l'abandon

pour éviter le sentiment

d'être le jouet d'autrui :

lâcher pour

ne

pas être lâché),

tantôt positives (dévouement,

asservissement à autrui, soin

porté à préserver le

lien, ...).



L'angoisse

abandonnique

a toutes les caractéristiques

du stade de développement élémentaire

auquel elle appartient. C'est l'angoisse

primaire par excellence, liée

à l'incapacité de l'enfant

de satisfaire

ses

propres

besoins et de se

défendre contre les

menaces du monde extérieur.

Elle est immédiate et parfois très confuse,

constituée par un débordement

d'émotion que le Moi est

incapable d'endiguer.

Dès la deuxième

année,

elle

participe

au stade magique

et à la prélogique enfantine,

elle garde ces caractères, quel que

soit l'âge du sujet. Sous le coup d'une

menace de frustration, l'abandonnique

régresse immédiatement au stade

d'impuissance primaire, et

son Moi, envahi par

l'émotion

et la

peur, ressent

le malheur comme

inévitable et déjà

consommé





b) l'agressivité

Elle est

réactionnelle

, consécutive aux privations

d'amour de l'enfance et susceptible

de diminuer, puis de disparaître

au cours du traitement

. Elle se manifeste

par la

vengeance,

faire subir à l'autre

ce dont l'abandonnique a

souffert lui-même et menacer,

frustrer, abandonner. Il fait payer à autrui

ses souffrances passées de mille façons :

- par les exigences sans limite
de son besoin d'amour

Exigences liées

à la

pensée magique,

la plus grande preuve

d'amour qu'il réclame de l'objet

est non seulement d'être compris, mais

d'être deviné. Il s'agit de mettre à l'épreuve pour

faire la preuve , soit en disant le faux pour mettre

à l'épreuve le don divinatoire de l'objet,

et par là même s'assurer de

son intérêt et

de sa

compréhension,

soit de savoir si l'objet

aimera malgré tout le sujet

tel qu'il est et si désagréable qu'il

puisse se montrer, la mesure de son endurance

donnant la mesure de son amour.Exigences

liées à la méconnaissance

de l'intention,

les paroles

sont

trompeuses,

la compréhension

intérieure et les sentiments sont sujets

à caution. Il lui faut des faits, et ces faits seront

envisagés par lui à l'état brut, dépouillés

de leur contexte, des circonstances

connexes, des intentions de

l'objet : "il aurait

pu arriver

à l'heure

s'il

l'avait

réellement

voulu, s'il le désirait

vraiment, il pourrait vaincre

tous les obstacles". Le manque de sécurité

affective joint à un égocentrisme

très primitif abolit le sens

du possible, du réel

et le fait recourir

à la

croyance

magique en

la toute puissance

de l'objet.



Exigences

liées au besoin

d'absolu : l'abandonnique

aspire à tout partager avec l'être qu'il aime,

à tout savoir, à tout faire avec lui. L'attachement

abandonnique est exclusif, il n'admet

ni l'absence, ni le partage,

c'est tout ou

rien.



c) par une attitude passive

Demeuré

fixé au stade

réceptif et captatif

de l'enfance, il attend tout

d'autrui. Dans les cas aigus, il demeure

passif dans tous les domaines de la vie.

Cette lacune est exploitée par

l'abandonnique

dans le

sens

de sa névrose,

pour prolonger la

jouissance d'un état infantile

d'irresponsabilité et pour avoir barre

sur autrui en l'asservissant à ses besoins.

On retrouve ici le déplacement

d'agressivité tendant à

faire supporter par

les objets

actuels

les fautes

commises par les

parents, et leurs nombreuses

conséquences.



d) par
ses interprétations
"fantaisistes et son comportement
masochique

Il

s'agit

dans ce cas

d'un masochisme

affectif

On

peut observer

trois groupes de manifestations

masochiques selon

Guex G.

- les
manifestations
masochiques liées au
besoin de mettre à l'épreuve
pour faire la preuve : résultat de ses
fausses attitudes, ses faux refus, …
qui le privent sans cesse
de ce qu'il souhaite,
de ce à quoi
il aspire.
Ils
accentuent
sa situation d'infériorité,
son état de dépendance 
et aboutissent à
l'échec
- les
manifestations
masochiques explosives :
scènes de désespoir, crise de
dévalorisation dirigées contre l'objet
, accès d'angoisse plus ou moins spectaculaires
. Plutôt qu'à se faire consoler et rassurer,
le sujet vise à blesser l'objet,
à le désemparer, à lui
donner de la
culpabilité,
car
le propre
de ces crises est de mettre
en évidence l'irresponsabilité du sujet
et la complète responsabilité
de l'objet


- les
manifestations
masochiques secrètes :
rêveries et fantasmes
masochiques de caractère affectif,
non sexuel. L'agressivité est présente
car dans ses fantasmes, l'objet devient capable
de tout, c'est-à-dire du pire :
tromperies, infidélité,
abandon




e) la non-valorisation

Les

circonstances

traumatisantes qui

ont privé l'enfant de sécurité

affective se sont produites dans

ses premières années, alors que tout son

développement était encore à faire

et que, par conséquent,

l'acquisition

du

sentiment

de la valeur de soi-même

était à venir. Il ne s'agit donc pas ici d'un

sentiment de valeur perdu, mais d'un

sentiment de valeur

non-acquis.

Cette

non-valorisation

de l'abandonnique en

tant qu'objet d'amour s'exprime

en premier lieu par des doutes multiples

envers lui-même : "je ne vaux pas qu'on m'aime"

. Ces doutes ont tendance à se fixer sur des

manifestations extérieures

de la personnalité

ou sur quelque

défaut

physique, autour

duquel se cristallise toute

l'insécurité du sujet. Le mécanisme

de défense en jeu est le rejet de la responsabilité

par la projection à l'extérieur

des causes du

trouble.


1015_1489_Abandon_Davy_Jourget.jpg

 

Il

arrive

parfois que

des abandonniques

se rendent compte de certaines

lacunes intérieures, c'est à elles que s'accroche

et s'alimente leur sentiment d'impuissance :

manque d'intelligence, de culture, ...

Ce sont alors ces manques

illusoires ou réels

qui justifient

pour

eux leurs

échecs affectifs,

leurs déceptions en amitié

ou en amour. Les doutes de l'abandonnique

quant à lui-même sont renforcés

par un mécanisme qui procède

de la même cause,

c'est-à-dire

de la

non-valorisation,

consistant à survaloriser

autrui dans la mesure même

où l'on se sait dévalorisé. A son tour, la

survalorisation des autres engendre

la tendance à se comparer

sans cesse à eux,

à son propre

détriment.

Cercle

fermé, où

un mal fait naître

un plus grand

mal.

 



La

non-valorisation

affective amène toujours

l'abandonnique à un sentiment extrêmement

pénible et obsédant d'exclusion,

de n'avoir nulle part

sa place.

De

cette

non-valorisation

découle une fausse notion

de soi-même, un manque de respect

et d'un juste intérêt pour

soi-même. 

 

 

 


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