Jésus
questionne
l'homme: «Veux
tu guérir?» (5,6).
C'est, semble-t-il, une
bien singulière question
posée à celui qui est venu en ce
lieu pour cela ; mais Jésus en appelle
à sa volonté. Il ne va pas toujours
de soi que nous voulions
vraiment guérir.
La psychologie
parle
du
bénéfice
secondaire que
nous apporte la maladie ;
si nous restons paralysés, nous
sommes dispensés d'assumer la
responsabilité de notre
existence et de
nous-mêmes.
Jésus
invite ce
malade à affronter
la vie. Or l'homme répond
en racontant toute son histoire :
« Je n'ai personne, seigneur, pour
me jeter dans le bassin, quand l'eau s'agite
; le temps que j'y aille, un autre
s'y met avant» (5,7).
Chez bien
des
malades,
la raison du
mal est vraiment
en effet qu'ils n'ont
personne sur qui compter,
à qui parler franchement, mais les
paroles de cet homme-là semblent
plutôt relever de l'apitoiement
sur soi-même. Il se sent
défavorisé : les
autres sont
plus
rapides,
ils ont plus
de chance, lui,
personne ne l'aime
et ne se soucie de lui. Il
donne la raison pour laquelle,
selon lui, il est malade depuis si
longtemps : la faute en incombe aux
autres, qui ne l'aident pas
et l'ignorent; lui
n'y peut
rien.

À
cette
histoire,
Jésus ne répond
pas simplement par la
compassion, mais plus encore
en lui ouvrant les yeux sur lui-même ;
il lui donne un ordre : « Lève-toi, prends
ta paillasse et marche» (5,8).
Il lui ôte l'illusion que seuls
les autres porteraient
la faute de sa
maladie.
Après
avoir, par
sa première
question, fortifié
la volonté du malade,
Jésus s'adresse à cette volonté :
Debout ! Tu peux te lever,
si vraiment tu le veux !
Va ! C'est tout !
Pour guérir,
le malade
doit
vouloir,,,
Il a besoin
de la présence de
Jésus, qui le croit capable
de se lever, lui donne la confiance
nécessaire mais ne le mettra pas
debout ; encouragé,
il essaie et
réussit.
°°
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