Extrait
d'un livre de S. Fath
Historien et sociologue
dans le domaine des religions,
chercheur au CNRS
( et aussi chrétien )
Pour celles et ceux
qui ont envie de comprendre les dimensions
historique
sociologique , politique
des églises
évangéliques
......Mais cet essor
à ses revers :
s’il y a prospérité,
il y a aussi précarité.
Passée au scanner,
la réalité sociale de la mouvance évangélique
révèle aujourd’hui des tensions et des fragilités
qui invalident le discours triomphaliste
développé par certains acteurs.
Tel est l’objet de l’analyse thématique
développée dans le chapitre 7 :
«Des prétentions au réel :
un archipel fragile et éclaté».
La question des dérives sectaires,
qui n’épargnent pas certains milieux évangéliques,
est traitée ici de front à partir des deux pentes
les plus courantes :
la dérive de l’autorité charismatique,
quand le pouvoir du verbe du leader
en vient à se substituer à la centralité
de la référence à la Bible
la dérive insulaire,
quand la surenchère au ‘ghetto de purs’
en vient à couper les ponts
avec la société environnante
et les autres Églises
Dans un cas comme dans l’autre,
l’individu voit ses marges de choix réduites,
au risque de conflits ou de
ruptures douloureuses.
.....

Cliquez pour accéder à l'article
Enfin,
la fragilité sociale des évangéliques
se retrouve aussi dans leur extrême diversité.
tandis que certains ensembles évangéliques
se routinisent et s’intègrent bien dans les structures
et l’identité protestantes
, d’autres travaillent sur des dynamiques revivalistes
et charismatiques qui jouent parfois
avec les frontières de ce qu’on peut appeler
le protestantisme.
....
Au final,
six sous-ensembles forment le kaléidoscope
culturel évangélique français contemporain.
Ils s’intègrent dans
deux familles bien
distinctes.
La première, la famille piétiste-orthodoxe
(environ 150.000 fidèles)
regroupe les évangéliques soucieux
d’une orthodoxie doctrinale
et d’une piété fidèle,
à distance de l’effervescence
émotionnelle.
Parmi eux,
on distingue des tendances sociales
, très piétisantes ou ascétiques-rigoristes.
Mennonites,
méthodistes,
libristes,
frères et une majorité de baptistes
(entre autres)
se rattachent à
cette famille.
La seconde grande famille
est charismatique-pentecôtiste
. Regroupant plus de 200.000 fidèles,
elle met l’accent sur l’efficacité miraculeuse
de l’agir divin au travers de manifestations
attribuées au Saint-Esprit
(transe, guérison, prophétie, glossolalie –parler en langues-).
Dans cette culture,
c’est moins la rigueur doctrinale que l’enthousiasme
(être habité de l’Esprit)
qui importe.
Trois sous-ensemble s’en réclament :
les pentecôtistes ascétiques (de type ADD),
les charismatiques d’épanouissement personnel,
et le charismatisme magique,
dont les caractéristiques
invitent à faire l’hypothèse d’un scénario
de sortie du protestantisme.
Dans ce dernier sous-groupe,
ce n’est en effet plus le Sola Scriptura,
la centralité de la Bible qui prime, mais la centralité
de l’Esprit
(des esprits pourrait-on dire).
°°°
/image%2F0554638%2F201304%2Fob_3bfaef39b11098f302fba08b1971c8ac_37030251.png)
commentaires