Personne n’ignore
combien l’obscurité peut créer
de dangers imaginaires
ou augmenter les terreurs
de dangers réels,
alors que la lumière dissipe les uns,
ramène les autres à de
justes mesures.
Cette crainte
s’explique encore mieux chez les primitifs
, entourés de risques très réels
que la nuit rend encore plus pressants;
par exemple la crainte des fauves,
particulièrement redoutables
pour l’homme qui sortirait
sans lumière.
Ces grands dangers,
les bruits mystérieux que la nuit amplifie
, l’incertitude de l’homme
à retrouver son chemin dans l’obscurité,
de même que la longueur
troublante des
heures silencieuses d’insomnie,
tout explique pourquoi
les ténèbres ont toujours représenté
les puissances mauvaises,
comme les puissances bonnes
étaient représentées
par la lumière.
En ce cas comme
en beaucoup d’autres,
la Bible a repris
une très vieille idée humaine,
commune aux religions païennes,
mais en la spiritualisant
de plus en plus.
Il vaut la peine
de remarquer que cette image,
qui répond aux terreurs de l’enfance
de l’humanité,
est employée dans l’évangile de Jean
pour exprimer la plus haute révélation:
Jésus est la véritable lumière,
qui dissipe tout ce
que représentent les ténèbres,
ignorance, crainte
et péché.
Pour Jean,
les ténèbres sont en même temps
toutes les puissances mauvaises
qui asservissent l’humanité
et le monde esclave du mal.
Mais cette conception
n’est pas exclusivement johannique,
car on la trouve déjà en germe
dans les synoptiques
Mt 6:23, lu 11:35 22:53
et plus encore
dans les épîtres de Paul
1Th 5:4 et suivant,
Ro 13:12, 1Co 4:5, 2Co 6:14,
eph 5:11-6:12,
col 1:13
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