Munis de
cette clé de lecture,
nous pouvons maintenant
revenir à notre propos.
Qu’en est-il donc de la joie
pour les étrangers que sont les croyants
dans le monde ?
Comme on pouvait s’y attendre,
Jean opère un renversement
des valeurs mondaines.
Prenons l’exemple des prédicateurs
qui sèment leur message à tous vents
et se font une grande joie
d’accueillir des disciples
en grand nombre
. Cela est tout à fait normal
dans le monde.
Mais dans la perspective johannique,
le semeur n’est là que pour laisser
un autre (Jésus) moissonner,
et il tire toute sa joie
de celle du moissonneur,
satisfait de sa récolte.
C’est pourquoi Jean Baptiste
se réjouit de voir ses disciples
s’en aller vers Jésus,
car l’épouse appartient à l’époux,
non à l’ami de l’époux,
qui tire toute sa joie du bonheur de l’époux
Jean 3, 29
En un sens, le semeur
et le moissonneur partagent
la même joie et doivent se réjouir ensemble,
comme il est dit plus loin
à propos de la moisson
samaritaine
4, 36
Peut-on se réjouir
de la mort d’un être cher?
Certainement pas selon le monde,
dont l’horizon ne dépasse pas
celui de la chair.
C’est pourtant ce que Jésus
demande à ses disciples :
« Vous avez entendu ce que
je vous ai dit :
Je m’en vais, et je reviens vers vous.
Si vous m’aimiez,
vous seriez dans la joie
puisque je pars vers le Père,
car le Père est plus grand que moi. »
14, 28
La foi aiguise
le regard et permet de dépasser
les apparences du monde.
La mort de Jésus n’est pas un échec,
ni la fin de sa présence auprès des siens.
Sa mort a du sens.
Elle représente son retour
vers le Père,
d’où il assumera un
nouveau mode de présence aux siens,
une présence beaucoup plus forte
et intime grâce à l’Esprit
qui logera au cœur des croyants.
Cela, le monde ne peut le comprendre,
encore moins s’en
réjouir !
°°°
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