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2009-08-02T07:24:00+02:00

avec ou sans accent ?

Publié par sulamite -


On se

souvient de l’histoire :

l’humain (en hébreu : ’aDaM)

que d’aucuns confondent

avec l’homme mâle

(même si ce n’est pas le même mot en hébreu)

se trouve bien seul.

Devant sa détresse,

l’Éternel Dieu le plonge

dans un profond sommeil,

et, selon la version la plus courante,

prélève sur son corps anesthésié

un os surnuméraire :

une côte.

À partir d’elle,

Dieu construit un clone

qui n’en est pas un

puisque présentant des caractères

sexuels différents.

Ève (le clone) est une femme

quand Adam (l’original) est un homme.

Cette histoire

laisserait entendre que l’homme mâle

était premier, que la femme a été créée

pour lui faire plaisir

et qu’il est bien le centre du monde.

Cette version des origines

a toujours rencontré de

chauds partisans.





Avec l’accent...



Le problème

dans cette lecture traditionnelle,

c’est que le mot hébreu traduit en français

dans nos Bibles par

côte”

n’a jamais cette signification dans la

Bible hébraïque.

Partout ailleurs

ce mot signifie non pas “côte” mais “côté”

Exode 25,12 ; 26,20 ; 1 Rois 6,5…

si bien que le récit de Genèse 2

constituerait une exception.

Il se pourrait bien que les traducteurs

aient été induits en erreur par l’expression

os de mes os

Gen 2, 23



qui signifierait qu’à la vue de sa future,

le très perspicace monsieur Adam

reconnaîtrait une partie solide

de son individu.

Mais en hébreu,

la métaphore de l’os

sert aussi à dire l’identité :

en Genèse 7,13,

pour signifier que tout se passe le

même jour”,

le texte hébreu

dirait alors littéralement

dans l’os de ce jour” !

On pourrait aussi rapprocher

le passage de Genèse 2

de celui de Genèse 29,14

où, sans qu’il y soit question

de greffe osseuse,

Laban salue son neveu Jacob

par ces mots :

« tu es mon os et ma chair » !

De fait,

le mot hébreu que nous lisons

en Genèse 2

a peu de chances de désigner un os.

Il vaudrait mieux le traduire

comme partout ailleurs par

côté



La présence

d’un accent aigu sur un ‘e

vient changer bien des choses.

Si, en Genèse 2,

on adopte la traduction la plus logique

en utilisant comme ailleurs le mot “côté”,

voilà ce que (re)devient ce

récit des origines :



Dieu “prit un de ses côtés

[un des côtés de l’humain]

et referma la chair à sa place.

L’Éternel Dieu forma une femme

du côté qu’il avait pris de l’humain

et il l’amena à l’humain”.



Cette traduction

pose encore quelques problèmes.

La désignation de l’homme mâle

comme “l’humain

pourrait laisser entendre que la femme

ne le serait pas.

Mais le texte ne dit pas cela

puisqu’il fait des femmes

l’autre partie de l’humanité

. L’homme n’est ici que ce qui reste

d’un humain originel

qui aurait été à la fois homme et femme

avant que ces deux côtés

ne soient séparés.

De là naissent sa nostalgie

comme son désir de retrouver

et de serrer contre lui cette part

de lui-même :



l’homme quittera donc père et mère

pour se souder (c’est le sens du verbe hébreu)

à sa femme et, pendant un instant,

ne plus former avec elle

qu’une seule chair”.



Si la femme

est un homme comme les autres,

l’homme avec une cicatrice

à la place du nombril

n’est pas forcément le nombril

du monde.

 


 

commentaires

P
Qu'elle étude SUPERBEMENT INTERESSANTE!... j'aime beaucoup la manière dont tout est tournée et si simplement!... MERCI ENCORE BEAUCOUP SULAMITE!...KDTEB
Répondre

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