Le service du Sabbat
était accompli par sept personnes
désignées par le président
et appelées à haute voix par le Hazzan.
Ce nombre sept n’était pas de rigueur
pour les offices de semaine.
S’il se trouvait,
par hasard, un prêtre dans l’assemblée,
il était appelé le premier à prendre la parole.
Les lévites venaient ensuite,
puis les simples laïcs.
Ces sept personnages,
presque toujours les mêmes dans les petites localités,
sont sans cesse appelés dans les Talmuds:
«les sept hommes de bien de la cité».
L’ordre du service
était certainement fixe et invariable
au temps de Jésus-Christ.
Le moment principal de l’office
était celui de la lecture de la Loi,
car on était réuni avant tout
pour l’entendre et pour l’étudier.
Actes 15:21
Car, depuis bien des générations,
Moïse a dans chaque ville
des gens qui le prêchent,
puisqu’on le lit tous les jours de sabbat
dans les synagogues
La prière précédait cette étude
et la lecture d’un passage choisi des Prophètes,
suivie de la bénédiction,
terminait la réunion
Il faut distinguer plusieurs parties
dans la prière du début
. Elle commençait par la récitation du Schema.
Deutéronome 6:4
Ecoute, Israël! l’Eternel, notre Dieu,
est le seul Eternel.
Puis venait le Schemoné Esré
les dix-huit actions
de grâces
.
Le peuple,
pendant cette récitation solennelle,
se tenait debout,
Matthieu 6:5
Lorsque vous priez,
ne soyez pas comme les hypocrites
, qui aiment à prier debout dans les synagogues
et aux coins des rues,
pour être vus des hommes
le visage tourné vers Jérusalem
et le Lieu très Saint.
Celui qui priait,
prenait le nom de Chaliach tsibbour.
Il se plaçait devant l’armoire
aux manuscrits.
Tout membre de l’assemblée
pouvait être appelé par le président
à remplir cette importante fonction.
Les mineurs seuls étaient exceptés
et Jésus peut avoir
quelquefois prononcé
ces premières actions de grâces soit à Nazareth,
soit à Capharnahum.
Le peuple répondait d’une voix forte ; Amen
à la fin de chaque prière,
1 Corinthiens 14:16
Autrement, si tu rends grâces par l’esprit,
comment celui qui est dans les rangs
de l’homme du peuple répondra-t-il Amen!
à ton action de grâces,
puisqu’il ne sait pas ce que tu dis?
donnant ainsi son adhésion
aux paroles prononcées.
La lecture de la Loi
venait ensuite;
le Hazzan prenait le rouleau du manuscrit
dans l’armoire sainte
, le tirait de son étui,
et le remettait au premier lecteur.
Les sept membres désignés se levaient
Luc 4:16
Il se rendit à Nazareth,
où il avait été élevé, et, selon sa coutume,
il entra dans la synagogue le jour du sabbat.
Il se leva pour faire
la lecture,
et lisaient tour à tour,
trois versets au moins chacun.
Le premier prononçait,
avant de commencer,
une courte formule de bénédiction qu’il répétait aussi à la fin.
La Thorah était divisée en 153 Sedarim
appelées aussi Parschioth.
En trois ans on l’avait lue en entier,
Plus lard, on fit les sections trois fois plus longues,
et la Loi tout entière
fut lue dans l’espace d’une année.
Cet usage était celui de Babylone,
où l’on avait les 54 Parschioth,
divisions actuelles de nos Bibles hébraïques
, mais il n’existait pas encore en Palestine
au premier siècle,
et le fragment lu chaque sabbat était d’environ
une cinquantaine
de versets.
Le Hazzan se tenait
tout le temps près du lecteur
et veillait à ce qu’il ne commit pas d’erreur
et ne lût rien d’inconvenant pour une lecture publique.
Chaque verset, lu dans la langue sainte,
était immédiatement traduit en araméen;
le mineur même pouvait traduire.
On ajoutait toujours à la lecture
et à la traduction
un commentaire oral : Midrasch
Marc 1:21
Ils se rendirent à Capernaüm.
Et, le jour du sabbat,
Jésus entra d’abord dans la synagogue,
et il enseigna.
sorte d’homélie
qui prit une grande importance
dans les Églises. Chrétiennes
et devint peu à peu le sermon
. Ainsi donc le Targoum
a donné naissance à la prédication
et celle-ci se trouve être essentiellement
une création des Pharisiens.
De l’explication paraphrasée
du texte on passa peu à peu aux développements
et à l’exhortation édifiante
. Au temps de Jésus-Christ l’usage
de ces développements
était général.
On ne les faisait pas seulement
à la synagogue, mais aussi en plein air
. Les Rabbis avaient l’habitude
de haranguer le peuple.
«Il y a foule partout où l’on prêche»,
dit la Mischna.
Quand un de ces prédicateurs se trouvait dans l’assemblée,
on lui offrait la parole
. Il s’appelait Dareschan
. Il y en avait qui,
comme Jésus-Christ,
étaient prédicateurs itinérants.
La lecture de la Loi terminée,
la personne qui avait dit la première prière
lisait un fragment tiré des Prophètes
Luc 4:17
et on lui remit le livre du prophète Esaïe.
. Cette péricope
portait le nom de haphtare : leçon finale
parce qu’elle achevait l’office
. Son lecteur, appelé maphtir,
était désigné par le chef de la synagogue;
il lisait trois versets de suite,
puis on les traduisait.
Jésus-Christ lut un jour une de ces leçons finales
dans la synagogue de Nazareth.
Il est possible
cependant qu’il ait choisi lui-même le passage
. Remarquons qu’il ne lut que deux versets;
il en avait le droit,
parce qu’il se proposait
de les commenter.
La bénédiction finale
était prononcée ensuite
et l’assemblée se retirait.
Voici donc quel était l’ordre habituel
du service de la synagogue:
le Schema; le Schemoné Esré;
lecture du texte de la Loi (section du jour);
traduction orale en araméen,
commentaire appelé Midrasch;
lecture des Prophètes;
traduction orale en araméen;
Bénédiction.
Il est possible que le chant des Psaumes
fit aussi partie du service,
car ce recueil était devenu le livre de cantiques
de la synagogue.
Enfin trois diacres
étaient chargés du soin des pauvres.
Deux d’entre eux faisaient la collecte.
Le troisième les aidait dans les distributions.
On acceptait les dons en nature
aussi bien que l’argent.
Les synagogues,
étaient ouvertes trois fois par jour pour la prière.
Le lundi et le jeudi,
jours de marché et d’audience judiciaire
on se réunissait plus spécialement encore à la synagogue.
La foule de la campagne
affluait à la ville ou au village et
on en profitait pour lui faire entendre la Loi.
Cette lecture était simplement ajoutée
à la prière du matin.
Trois membres du conseil se la partageaient.
Les Talmuds font remonter jusqu’à Esdras
l’établissement de ces
deux services
supplémentaires.
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