Je crois
en la " présence " même.
Une présence entière
et imprévue.
Comme je ne suis pas délirant,
je ne parle
quede ce que je vois.
Cette croyance qui me tient -
et non que " j'ai ",
comme on possède un objet
ou un livre dans sa bibliothèque -
me permet de percevoir
des correspondances,
des échanges entre un rosier
et un visage retourné à la terre,
ou entre une phrase écrite
dans un livre il y a deux siècles
et le sourire surpris
d'un passant aujourd'hui...
En ce sens,
ma foi est de l'ordre de la
contemplation :
c'est ne pas me remettre
d'être sur Terre,
c'est être étonné comme
un nouveau-né,
c'est avoir un appétit immense du
" jamais vu "
de la vie.
Christian Bobin,
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