Voilé/dévoilé,
on retrouve ce couple
dans deux passages parallèles
des évangiles de Matthieu et de Luc,
mais avec une thématique
tout à fait différente des écrits de Paul.
Jésus s’adresse aux disciples :
“Jésus commença
par dire à ses disciples :
«Avant tout, gardez-vous du levain
des pharisiens, la fausseté.
Rien n’est voilé qui ne sera dévoilé,
rien n’est secret qui ne sera connu.
Parce que tout ce que vous avez dit dans l’ombre
sera entendu au grand jour ;
et ce que vous avez dit à l’oreille
dans la cave sera proclamé sur les terrasses.
Je vous le dis à vous, mes amis :
ne craignez pas ceux qui tuent le corps
et qui, après cela, ne peuvent rien
faire de plus.»”
Luc 12,1 et suivants
“Rien n’est voilé
qui ne sera dévoilé,
rien n’est secret qui
ne sera connu” :
la phrase sonne comme un proverbe
plein de bon sens et d’expérience :
tout finit par se savoir.
Précédé par un avertissement
concernant la fausseté,
c’est-à-dire l’hypocrisie des pharisiens,
le proverbe s’adresse, lui,
aux disciples en tant que prédicateurs
de l’Evangile :
eux n’ont rien à dissimuler,
qu’ils expriment clairement et ouvertement
ce qu’ils croient !
Si la prédication peut tout à fait
comporter un aspect discret, intime :
ce qui est dit dans l’ombre ou à l’oreille,
elle n’en est pas moins destinée
à tous et l’on ne peut éviter ou évacuer
son aspect public.
Mais cette publicité comporte elle,
le risque de l’hostilité et de la persécution,
les disciples en sont également avertis
en même tant que Jésus les rappelle
à l’espérance dans la confiance
en un Dieu plus fort
que la mort.
Mais revenons, pour finir,
à l’eucalyptus, pas l’arbre,
mais à l’idée du mot.
Il y a quelque chose de
‘eucalyptus’, bien recouvrir,
parmi les exhortations de la
première épître
de Pierre.
“La fin de toute chose est proche.
Montrez donc de la sagesse
et soyez sobre afin de pouvoir prier.
Ayez avant tout un amour constant
les uns pour les autres
car l’amour couvre une multitude
de péchés.”
1 Pierre 4,7-8
L’amour couvre :
kaluptô,
et cette couverture est parfaite
. Dans cette épître,
l’amour assure la cohésion
de la communauté,
il est la manière d’être et de vivre ensemble ;
la perspective de la proximité
de la fin accentue la primauté de l’amour
dans les relations entre frères.
L’auteur de l’épître
en appelle alors à une sentence
du livre des Proverbes :
l’amour couvre une multitude de péchés.
Quels péchés ? les péchés de qui ?
Tout le passage étant consacré
aux relations mutuelles,
il ne saurait être question des péchés
de celui qui aime,
certainement plutôt des péchés de tous,
les péchés qui altèrent
les relations d’amour fraternel,
amour si essentiel pour l’auteur,
car il est le signe de l’accueil de la Parole de Dieu.
Dans l’amour, par l’amour,
la présence du mal dans la communauté
n’est certainement pas niée.
Mais face aux effets du mal,
le croyant est exhorté à “ne pas en rajouter”,
à ne pas entrer dans une spirale
de médisance, de jugement, d’amertume,
de vengeance, de haine.
Plutôt se taire,
ni indifférence, ni naïveté,
mais se taire et aimer
afin de toujours laisser
aux autres une place,
une chance,
un réel soutien pour traverser
la faiblesse.
De même, l’épître de
Jacques
se termine sur cette exhortation :
“Mes frères, si l’un de vous
s’est égaré loin de la vérité et qu’on
le ramène,
sachez que celui qui ramènera un pécheur
du chemin où il s’égarait lui sauvera
la vie et fera disparaître
(kaluptô)
une foule de péchés.”
Jac 5,20
Et si l’amour
recouvre une multitude de péchés,
il est bien plus important d’aimer
que de ne pas pécher.
C’est en quelque sorte “l’apocalypse”,
la révélation,
de kaluptô !
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