La question
du sort des défunts est omniprésente
chez tous les peuples
. Chacun a sa façon de se représenter
ou d'expliquer l'au-delà
après la vie terrestre.
Dans la tradition chrétienne,
il est question du ciel et de l'enfer.
On affirme dans le Credo
que le Christ est descendu aux enfers
pour y libérer ceux qui y séjournaient
mais que les portes de l'Hadès
ne l'ont pas retenu
. L'Ancien Testament
désigne le séjour des morts du nom de « sheol »,
tandis que le N T
emprunte à l'occasion le mot grec « Hadès »
qui correspond à la même réalité
chez les Grecs.
Quelle est la représentation que l'on se faisait
du séjour des morts ?
Selon certains experts en langues anciennes,
le mot hébreu « sheol »
provient probablement de la racine « sha'al »
qui signifie « réclamer ».
le « sheol » est ce lieu invisible qui « réclame »
les êtres vivants;
c'est le « rendez-vous » de tous les vivants,
selon l'expression de
Job 30, 23
Israël, comme beaucoup
d'autres peuples de l'Antiquité,
s'imagine la survie des morts
comme une ombre d'existence,
sans valeur et sans joie.
On identifie souvent le « sheol »
à la tombe, à une maison,
à un trou ou à un puits au plus profond
de la terre.
Job 17 16
Il descend avec moi
dans le monde des morts ,
nous tombons tous les deux
jusque dans la
poussière.
Il y règne une obscurité profonde.
Job affirme que même la clarté
ressemble à la nuit sombre,
ce qui n'est pas peu dire
Job 10, 21-22
Selon plusieurs textes,
en particulier dans les Psaumes,
les gens entrevoient le séjour des morts
comme un endroit
où il n'est plus possible
de louer Dieu,
Es 38 18
Dans le monde des morts,
personne ne te loue ;
ce ne sont pas les cadavres
qui peuvent t'acclamer.
Quand on descend dans la tombe,
il est trop tard pour espérer
en ta fidélité.
d'espérer en sa justice
ou en sa fidélité.
D'où l'accablement
et la tristesse qui envahissent
les gens qui sont aux prises avec la maladie
ou au seuil de la mort.
Le séjour des morts
est évidemment un lieu
d'où on ne peut sortir.
On affirme que seul le Seigneur
a le pouvoir d'y faire descendre
ou d'en faire remonter,
car il est maître de la vie.
Certains croient que toutes les inégalités
y sont nivelées
Job 3
19
et l'esclave est ici délivré de son maître.
Grands ou petits,
il n'y a plus de différence.
alors que d'autres
s'imaginent que les hiérarchies terrestres
sont conservées.
Mais de toutes façons,
le séjour des morts est en rupture
avec le monde des vivants.
Il a ses portes et ses verrous,
sur le même modèle des villes de l'Antiquité.
C'est le monde de la poussière
à laquelle tous retournent,
du silence, de l'absence, de l'oubli.
Ecc 9 5
En effet, les vivants savent
au moins qu'ils mourront,mais les morts
, eux, ne savent rien du tout.
Ils n'ont plus rien à attendre
puisqu'ils sont tombés dans l'oubli.
6 Leurs amours, leurs haines,
leurs jalousies sont mortes
avec eux et ils ne participeront
plus jamais à tout ce qui
arrive ici-bas.
Dans certains textes,
le « sheol » est d'une sécheresse extrême
alors que dans d'autres on y retrouve
des eaux destructrices.
Étant invisible aux yeux humains,
toutes les représentations sont donc possibles.
Mais toutes expriment
la séparation radicale existant
entre la vie sur terre et la vie de l'au-delà.
Il est donc important de savoir
que toutes les représentations que l'on peut se faire
du séjour des morts
sont relatives.
La conception du « sheol »
varie en fonction de l'évolution
de la croyance en la résurrection des morts.
Ainsi le « sheol »
deviendra un séjour provisoire
dans l'attente de la résurrection des morts
et du jugement.
Il est divisé en deux catégories:
un lieu de bonheur pour les justes
et un lieu de tourments
pour les pécheurs.
La conception de l'Hadès des Grecs
ressemble en grande partie à
celle des Hébreux.
On compare l'Hadès à une ville
avec ses murs et ses portes.
Dans le Nouveau Testament,
on dit que le Christ possède les clés
de la mort et de l'Hadès
Apo 1 18
Je suis le vivant.
J'étais mort, mais maintenant
je suis vivant pour toujours.
Je détiens le pouvoir sur la mort
et le monde des morts.
et que, en conséquence,
l'Hadès ne peut retenir ceux qui appartiennent
au Christ et à la cité
messianique.
Quand le Nouveau Testament
parle de la survie après la mort,
il emprunte les images et les catégories
communes aux chrétiens,
qu'ils soient d'origine juive
ou grecque.
Quand Jésus
parle de la vie après la mort.
Il utilise le langage propre aux gens de son temps:
géhenne ,
c'était une vallée
qui servait de dépotoir à Jérusalem
où l'on brûlait les déchets ,
pleurs et grincements de dents,
abîme, etc.
Toutes ces comparaisons
veulent faire saisir la douleur
d'être séparé de Dieu,
de ne pas être en communion d'amour avec lui.
D'autres comparaisons sont utilisées
pour parler du ciel,
comme celle du festin, de noce, etc.
C'est une façon de faire comprendre
que la survie est communion avec
Dieu et
joie parfaite.
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