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2009-06-17T05:54:00+02:00

séjour des morts

Publié par sulamite -


La question

du sort des défunts est omniprésente

chez tous les peuples

. Chacun a sa façon de se représenter

ou d'expliquer l'au-delà

après la vie terrestre.

Dans la tradition chrétienne,

il est question du ciel et de l'enfer.

On affirme dans le Credo

que le Christ est descendu aux enfers

pour y libérer ceux qui y séjournaient

mais que les portes de l'Hadès

ne l'ont pas retenu


. L'Ancien Testament

désigne le séjour des morts du nom de « sheol »,

tandis que le N T

emprunte à l'occasion le mot grec « Hadès »

qui correspond à la même réalité

chez les Grecs.

Quelle est la représentation que l'on se faisait

du séjour des morts ?

Selon certains experts en langues anciennes,

le mot hébreu « sheol »

provient probablement de la racine « sha'al »

qui signifie « réclamer ».


le « sheol » est ce lieu invisible qui « réclame »

les êtres vivants;

c'est le « rendez-vous » de tous les vivants,

selon l'expression de

Job 30, 23


Israël, comme beaucoup

d'autres peuples de l'Antiquité,

s'imagine la survie des morts

comme une ombre d'existence,

sans valeur et sans joie.



On identifie souvent le « sheol »

à la tombe, à une maison,

à un trou ou à un puits au plus profond

de la terre.

Job 17 16

Il descend avec moi

dans le monde des morts ,
nous tombons tous les deux

jusque dans la

poussière.

 

 

Il y règne une obscurité profonde.

Job affirme que même la clarté

ressemble à la nuit sombre,

ce qui n'est pas peu dire

Job 10, 21-22


     Selon plusieurs textes,

en particulier dans les Psaumes,

les gens entrevoient le séjour des morts

comme un endroit

où il n'est plus possible

de louer Dieu,

Es 38 18

Dans le monde des morts,
personne ne te loue ;
ce ne sont pas les cadavres
qui peuvent t'acclamer.
Quand on descend dans la tombe,
il est trop tard pour espérer

en ta fidélité.


d'espérer en sa justice

ou en sa fidélité.

D'où l'accablement

et la tristesse qui envahissent

les gens qui sont aux prises avec la maladie

ou au seuil de la mort.


Le séjour des morts

est évidemment un lieu

d'où on ne peut sortir.

On affirme que seul le Seigneur

a le pouvoir d'y faire descendre

ou d'en faire remonter,

car il est maître de la vie.

Certains croient que toutes les inégalités

y sont nivelées


Job 3 19

et l'esclave est ici délivré de son maître.

Grands ou petits,

il n'y a plus de différence.

 


alors que d'autres

s'imaginent que les hiérarchies terrestres

sont conservées.


Mais de toutes façons,

le séjour des morts est en rupture

avec le monde des vivants.

Il a ses portes et ses verrous,

sur le même modèle des villes de l'Antiquité.

C'est le monde de la poussière

à laquelle tous retournent,

du silence, de l'absence, de l'oubli.

Ecc 9 5

En effet, les vivants savent

au moins qu'ils mourront,mais les morts

, eux, ne savent rien du tout.

Ils n'ont plus rien à attendre

puisqu'ils sont tombés dans l'oubli.

6 Leurs amours, leurs haines,

leurs jalousies sont mortes

avec eux et ils ne participeront

plus jamais à tout ce qui

arrive ici-bas.


Dans certains textes,

le « sheol » est d'une sécheresse extrême

alors que dans d'autres on y retrouve

des eaux destructrices.

Étant invisible aux yeux humains,

toutes les représentations sont donc possibles.

Mais toutes expriment

la séparation radicale existant

entre la vie sur terre et la vie de l'au-delà.

Il est donc important de savoir

que toutes les représentations que l'on peut se faire

du séjour des morts

sont relatives.


     La conception du « sheol »

varie en fonction de l'évolution

de la croyance en la résurrection des morts.

Ainsi le « sheol »

deviendra un séjour provisoire

dans l'attente de la résurrection des morts

et du jugement.

Il est divisé en deux catégories:

un lieu de bonheur pour les justes

et un lieu de tourments

pour les pécheurs.

     La conception de l'Hadès des Grecs

ressemble en grande partie à

celle des Hébreux.

On compare l'Hadès à une ville

avec ses murs et ses portes.

Dans le Nouveau Testament,

on dit que le Christ possède les clés

de la mort et de l'Hadès

Apo 1 18

Je suis le vivant.

J'étais mort, mais maintenant

je suis vivant pour toujours.

Je détiens le pouvoir sur la mort

et le monde des morts.

 

et que, en conséquence,

l'Hadès ne peut retenir ceux qui appartiennent

au Christ et à la cité

messianique.

     Quand le Nouveau Testament

parle de la survie après la mort,

il emprunte les images et les catégories

communes aux chrétiens,

qu'ils soient d'origine juive

ou grecque.

Quand Jésus

parle de la vie après la mort.

Il utilise le langage propre aux gens de son temps:

géhenne ,

c'était une vallée

qui servait de dépotoir à Jérusalem

où l'on brûlait les déchets ,

pleurs et grincements de dents,

abîme, etc.

Toutes ces comparaisons

veulent faire saisir la douleur

d'être séparé de Dieu,

de ne pas être en communion d'amour avec lui.

D'autres comparaisons sont utilisées

pour parler du ciel,

comme celle du festin, de noce, etc.

C'est une façon de faire comprendre

que la survie est communion avec

Dieu et

joie parfaite.

 

°°


 


 

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