La plupart
des Eglises évangéliques
ont ouvert aux femmes la participation
à la prière publique durant le temps
de louange et
d’adoration.
Toutes croient au
sacerdoce universel des croyants.
Alors F.F. Bruce
(des Assemblées de Frères d’Angleterre)
pose la question suivante :
« Donc tout serait-il en ordre si,
à l’un de nos services de sainte cène
, une femme rendait grâces pour le pain
et le rompait avant qu’il
soit distribué ? »
Quelle serait notre réaction ?
Est-ce que la cène n’est pas un
domaine à part,
où seuls les hommes ont le droit d’officier ?
Ou peut-être même seuls
les pasteurs consacrés ou les anciens,
mais pas les simples membres d’Eglise ?
Ne sommes-nous pas
sur un terrain sacré où la femme n’a pas
le droit de pénétrer ?
Si nous raisonnons ainsi,
c’est que notre pensée est encore influencée
par des idées cléricales
et sacramentalistes.
Mais l’ancienne dichotomie
sacré-séculier a été abolie,
comme la distinction entre prêtres et laïcs.
« Maintenir dans la nouvelle alliance
cette distinction périmée,
ce serait déclarer insuffisant et non valable
le sacerdoce du Christ
et revenir en arrière dans l’histoire du salut »
« Et pourquoi,
poursuit P.P. Bruce,
une chrétienne qui partage avec nous
notre commun sacerdoce
ne devrait-elle pas accomplir
un tel acte représentatif
en faveur de ses compagnons d’adoration,
au même titre
qu’un chrétien ? »
Et d’ajouter :
« Ce n’est pas une question rhétorique,
j’aimerais bien
qu’on me donne une réponse biblique ».
D’ailleurs, on a retrouvé des représentations
dans les catacombes
où des femmes présidaient
le repas du Seigneur
. A plus forte raison,
les soeurs peuvent participer
à la distribution du pain et du vin
(comme à la maison
elles distribuent la
nourriture).
Les Eglises primitives
se réunissaient dans les maisons.
C’est dans des réunions analogues
que la participation de nos sours
à l’édification mutuelle paraît
la plus naturelle.
Puis,
comme nous ne croyons
pas à la sainteté de certains lieux
ni de certains moments,
pourquoi une soeur
ne pourrait-elle pas apporter un témoignage
le dimanche matin au culte,
ou une contribution par le partage
d’une vérité qui lui est apparue
durant sa lecture de la Parole
(ce que l’Ecriture appelle : une révélation),
donc une méditation ou un message
qu’elle nous adresse ?
Bibliquement,
à mon avis, rien ne s’y oppose,
même si ce message devait comporter
une part d’enseignement,
si elle le fait sous l’autorité
des anciens.
Comme la participation
de nos soeurs à la prière
au culte a apporté à
nos réunions
un enrichissement indéniable,
leur participation à l’édification mutuelle
contribuerait certainement
à un nouvel
enrichissement.
Paul nous dit dans ses épîtres :
Edifiez-vous les uns les autres,
exhortez-nous les uns les autres,
instruisez-vous les uns les autres
(sans jamais préciser de quel sexe
devaient être les uns
par rapport aux autres).
Dans la société du 1 er siècle,
un fossé profond séparait
les Juifs des Grecs,
mais dans la société prophétique
de l’Eglise,
il n’y a plus ni Juifs ni Grecs.
Un fossé encore plus profond
séparait les esclaves des hommes libres,
mais dans l’Eglise,
il n’y a plus ni esclave ni homme libre.
Pourtant ce fossé a subsisté
même dans l’Eglise - jusqu’au 18 e ,
par endroits jusqu’au 19 e siècle.
Dans la société,
l’accès aux diverses fonctions
était régi jusqu’au milieu du 20ème siècle
par la distinction « homme - femme ».
Dans l’Eglise,
nous dit Paul, il n’y a plus
ni homme ni femme,
mais cette parole n’y a guère trouvé application.
Peut-être le moment serait-il venu de repenser
ce que ce verset a à
nous dire aujourd’hui.
Un orgue
dont la moitié des tuyaux
sont bouchés sera incapable de rendre
un prélude de Bach,
même sous les doigts
du plus brillant organiste.
C’est ce que nos Eglises évangéliques
et nos assemblées ont été pendant longtemps.
Plus doué que le plus prestigieux organiste,
Dieu a quand même pu faire retentir
dans ce monde la musique
de son amour.
Mais quelle différence
si tous les dons qu’il a accordés à son Eglise
avaient pu être mis
en valeur !
Or, d’une part,
les textes bibliques relatifs aux dons
ne font jamais une différence relative
au sexe de leurs bénéficiaires,
d’autre part, il est indéniable
que Dieu a accordé à nos soeurs
des dons d’organisation,
de parole, d’enseignement et bien d’autres.
Les récenst Congrès
ont révélé leur créativité et leur compétence
là où elles ont pu se déployer librement
pour créer et porter une oeuvre...
en Afrique, à Madagascar...
Pourquoi Dieu aurait-il donné à nos sours des dons
(même en Europe)
pour les empêcher ensuite
de les exercer ?
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