Et un certain
jeune homme le suivit,
enveloppé d’une toile
de fin lin sur le corps nu ;
et ils le saisissent;
abandonnant
la toile de fin lin,
il leur échappa
tout nu.
Mc 14 ; 51
Alors que tous
avaient fui,
un disciple, un jeune homme,
voulut aller plus loin et continuer
à suivre Jésus.
Mais l’entreprise s’avère impossible
et notre jeune homme
doit laisser son drap aux mains
de ses poursuivants pour s’enfuir
à son tour.
Nu.
Qui est ce jeune homme ?
Marc, qui est le seul à nous raconter
cet épisode de la passion
ne nous donne pas beaucoup d’indices.
Certains pensent,
puisqu’il est le seul à relater cette anecdote
que c’est à lui qu’elle est arrivée
et que ce jeune fuyard serait plus tard
l’évangéliste Marc.
Pourquoi pas.
Mais puisque Marc ne nous dit rien de tel,
puisqu’il laisse ce jeune homme
à son anonymat,
il nous est possible de nous
identifier à lui
. Que nous dit le texte sur ce jeune homme ?
Qu’il avait sans doute été surpris
par les événements :
on le voit vêtu d’un simple drap.
Il nous dit aussi
qu’il avait voulu suivre
Jésus lui-même
(un certain jeune homme le suivait).
Nous avons donc bien affaire
à un disciple.
Un disciple qui, comme les autres,
devra fuir pour sauver sa vie.
Marc conserve l’anonymat
de son jeune homme,
ce qui en fait une figure générique,
une figure de disciple.
Ensuite,
le choix du terme
« drap »
Dans l’évangile de Marc,
le drap est un linceul
Le jeune homme c’est moi,
c’est toi qui veux suivre Jésus,
que tu sois homme ou femme,
jeune ou vieux,
C’est toi qui , surpris au milieu de ta nuit,
au milieu de ta vie,
as voulu suivre Jésus.
La fuite du jeune homme le dénude,
il y laisse son dernier vêtement
La fonction première
du vêtement dans la Bible
est de couvrir notre nudité,
c'est-à-dire notre faiblesse.
Le vêtement,
c’est tout ce dont nous nous parons
pour nous montrer aux autres.
Bien au-delà de notre style vestimentaire,
c’est tout ce que nous montrons aux autres,
tout ce par quoi nous croyons avoir
de la valeur à leurs yeux.
Cela peut-être notre métier,
nos hobbies, nos convictions,
notre nom, notre richesse,,,,
Mais lorsque le Fils de l’homme est jugé,
et avec lui toute l’humanité,
tous ces beaux atours tombent,
tout ce que nous pensions être
notre valeur s’effondre
et nous apparaissons dans toute notre nudité,
dans notre faiblesse.
Ce n’est même pas nous qui
nous dépouillons,
qui déposons notre vêtement,
notre vie devant la croix,
même cela , nous en sommes incapables
mais notre vêtement nous
est arraché
par les circonstances , dans le choix
que nous sommes amenés
à faire
Et c’est alors
qu’on se rend compte que ce vêtement
n’est qu’un drap, un linceul.
Un linceul parce que
toute cette apparence extérieure
ne fait que recouvrir
tout ce qu’il y a de mortifère en nous,
tout ce qui nous ronge et nous détruit,
cette faiblesse qui nous fait si mal.
Il y a tellement de choses
que nous cachons derrière
nos images.
Un linceul aussi
parce que bien souvent
nous nous sentons emprisonnés
dans ce que les autres voient de nous,
y compris lorsque c’est
ce que nous leur donnons à voir.
Nous nous sentons limité
par l’image que les autres ont de nous.
Et rien que pour ça,
ce déshabillage,
ce dépouillement est déjà une délivrance.
En laissant notre drap,
nous nous échappons
C’est être libre
qu’être révélé tels que nous sommes,
être manifestés
dans notre faiblesse.
C’est être libre
que ne plus avoir à donner le change,
ne plus avoir à paraître toujours
plus fort, plus solide.
Face à Christ dans sa passion
et dans sa mort,
tous nos masques
tombent
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