Les divers
niveaux de perception du péché,
toujours présents de façon
interreliée.
1er niveau de perception
Le péché m'apparaît
comme l’expérience du « mal-faire »
par rapport à un ensemble de règles codifiées.
Le péché est perçu
comme un sentiment d'impureté,
de désaccord, de manque d'harmonie.
Essentiellement,
cette perception est liée au concept de punition/récompense.
Elle est enracinée dans le SURMOI
psychologique où,
enfant j'ai appris à obéir à certaines règles.
Dieu m'apparaît alors comme un Juge
qui exerce une justice de rétribution.
Dans cette optique, je perçois
le pardon
comme la purification d'une tache
et je vis la éconciliation
comme la satisfaction d’être remis
sur la bonne voie.
2e niveau de perception
Le péché m'apparaît
comme l’expérience du « mal-faire »
par rapport à une relation « brisée ».
Je me dis :
« Il ne faut pas que je fasse de peine à Dieu ».
Le péché est perçu comme la culpabilité
ressentie entre ce que je suis et « l'idéal » qui m'interpelle.
Je vis cet écart comme une trahison,
une relation brisée.
Je perçois mon péché comme une offense à Dieu.
Dieu m'apparaît alors comme un Être
qui m'appelle à vivre une relation personnelle avec lui.
Dans cette optique, je reçois le pardon comme
le renouvellement d'une amitié.
3e niveau de perception
Le péché m'apparaît
comme l’incapacité radicale
de conformer toute ma vie à la volonté de Dieu,
qui m’appelle à me réaliser pleinement comme
être humain.
Paul l’a exprimé magistralement
« En effet, nous savons que la Loi est spirituelle;
mais moi je suis un être de chair,
vendu au pouvoir du péché.
Vraiment ce que je fais, je ne le comprends pas :
car je ne fais pas ce que je veux, mais je fais ce que je hais. (…)
Je trouve donc une loi s'imposant à moi,
quand je veux faire le bien;
le mal seul
se présente à moi.
Car je me complais dans la loi de Dieu
du point de vue
de l'homme intérieur;
mais j'aperçois une autre loi dans mes membres
qui lutte contre la loi de ma raison
et m'enchaîne à la loi du péché qui est dans mes membres.
Malheureux homme que je suis!
Qui me délivrera de ce corps qui me voue à la mort?
Grâces soient rendues à Dieu par
Jésus Christ notre Seigneur!
C'est donc bien moi
qui par la raison sers une loi de Dieu
et par la chair une loi de péché ».
Le péché apparaît,
sans culpabilité, comme une espèce de tristesse,
provenant de ma prise de conscience
de mon échec à être entièrement responsable
de mon propre devenir humain.
Le péché, dans ce climat se manifeste comme suit :
II y a des circonstances concrètes dans ma vie.
Je prends conscience que mes ressources sont limitées.
Je n'utilise pas volontairement
mes ressources limitées par rapport
aux circonstances concrètes pour les dépasser
ou les transcender.
Je ne passe pas à l'action,
je démissionne, parce que par orgueil, par mépris de moi,
par dévalorisation,
par repli sur moi, je ne veux pas admettre
que la plus petite richesse en moi
peut être mise au service de Dieu,
de moi-même ou de mes
frères et sœurs.
Levant les yeux,
il vit les riches qui mettaient leurs offrandes dans le Trésor.
Il vit aussi une veuve indigente
qui y mettait deux piécettes, et il dit :
« Vraiment, je vous le dis,
cette veuve qui est pauvre a mis plus qu'eux tous.
Car tous ceux-là ont mis de leur superflu dans les offrandes,
mais elle, de son dénuement,
a mis tout ce qu'elle avait pour vivre
Luc 21, 1-4
LE PÉCHE, C'EST LE REFUS
D'ÊTRE DANS LA RÉALITE, ICI ET MAINTENANT,
le péché, c’est le refus du réel.
C’est dire oui à la mort et démissionner.
C’est dire oui au néant et
fuir dans l'illusion.
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