Luc 15
Le frère aîné
est tout aussi loin du père
que son plus jeune frère.
Comme son frère cadet, il est dehors.
Comme son frère cadet,
son père sort vers lui et il le supplie d’entrer.
Ce que montre Jésus,
c’est qu’on peut être avec Dieu et loin de Dieu.
On peut être quelqu’un de moral,
de religieux et être séparé de Dieu.
Le problème principal de l’homme
n’est donc pas sa désobéissance, car même
lorsqu’il obéit à Dieu, il est
séparé de lui.
Pourquoi ?
Comment notre obéissance
peut-elle nous séparer de Dieu, plus que
notre désobéissance ?
A cause de notre obéissance à Dieu,
nous avons le sentiment
de ne pas avoir vraiment besoin de lui :
nous menons une vie décente et respectable
par nos propres forces.
En fait, nous avons plutôt l’impression
que c’est nous qui faisons quelque chose pour Dieu,
et pas l’inverse !
Le problème, c’est que
lorsque notre monde s’écroule,
on a l’impression que c’est parfaitement injuste,
parce que nous sommes des gens bien,
et donc que Dieu doit nous traiter mieux que ça.
Ainsi, notre obéissance nous sépare de Dieu,
car alors elle devient seulement un moyen
pour obtenir quelque chose de lui,
un moyen pour gagner sa faveur,
un moyen pour l’instrumentaliser afin d’obtenir
ce que nous voulons vraiment.
Le frère aîné se savait juste.
Du coup, il se met en colère et reproche à son père
de dilapider son héritage.
Il pense qu’il a son mot à dire parce qu’il a obéi.
Il se dit qu’il est quelqu’un de bien,
qu’il a obéi, et qu’il a donc des droits.
Tout ce qu’il veut, c’est juste ses droits.
Et lorsque notre moralité
devient un moyen de faire valoir nos droits
sur les autres ou sur Dieu,
alors on est exactement dans le même état
que le fils aîné :
on est séparé de Dieu à cause
de notre obéissance
La différence entre en chrétien
et quelqu’un de simplement religieux,
c’est que le chrétien sait
qu’il ne doit pas seulement se repentir
de sa méchanceté, mais qu’il doit aussi se repentir
de sa confiance en sa propre bonté
. Qu’est-ce que ça veut dire ?
Ça veut dire qu’il faut abandonner l’idée
que c’est en étant quelqu’un de bien que Dieu
nous sera favorable.
Remarquons que Jésus ne termine pas l’histoire
qu’il raconte :
il ne dit pas si finalement le fils aîné
accepte d’entrer ou s’il repart en étant
toujours aussi furieux.
Pourquoi ?
C’est parce que Jésus s’adresse à des hommes religieux
pour les avertir d’un danger
dont ils n’ont pas conscience :
ils sont tout aussi perdus que les pires des pécheurs,
non pas à cause de leur désobéissance,
mais à cause de leur obéissance.
Jésus enseigne ici qu’on ne peut pas être sauvé
en obéissant,
parce que le seul fait de vouloir gagner
son paradis nous sépare de Dieu.
Dieu ne veut pas que nous gagnions notre salut,
il ne veut pas que nous le méritions.
Dieu n’est pas comme ça !
Dieu est un Dieu de grâce :
il nous présente un salut gratuit.
Notre tentative de l’acheter ne
peut donc aboutir.
Alors si Jésus ne termine pas la parabole
, c’est pour laisser une porte ouverte
aux gens qui sont perdus à cause de leur obéissance.
Jésus plaide avec tous les fils aînés
et leur dit que s’ils viennent à lui,
s’ils cessent de se fier en leur propre obéissance
mais qu’ils acceptent simplement sa grâce,
alors il les recevra.
C’est coûteux
pour des personnes orgueilleuses comme nous
d’accepter la gratuité du salut,
mais il faut bien comprendre
que puisque Jésus a déjà tout payé à notre place,
nous ne pouvons aucunement contribuer à notre salut.
Et si c’est le cas,
alors nous devons accepter l’offre qui nous est faite
et venir participer à la fête
que Jésus donne.
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