1 Si le Seigneur ne bâtit
la maison,
ses bâtisseurs travaillent pour rien.
Si le Seigneur ne garde la ville,
la garde veille pour rien.
2Rien ne sert de vous lever tôt,
de retarder votre repos,
de manger un pain pétri de peines!
À son ami qui dort, il donnera tout autant.
3Mais oui! des fils sont un héritage du Seigneur,
et la progéniture un salaire.
4Telles des flèches aux mains d'un guerrier,
tels sont les fils de votre jeunesse.
5Heureux l'homme qui en a rempli
son carquois!
Il ne perdra pas la face s'il doit affronter
l'adversaire aux portes de la ville.
Psaume 126
Ce psaume ne fait pas l'apologie de la paresse.
Il entend simplement réprouver
la préoccupation angoissée et exagérée
de ceux et celles qui ignorent que l'essentiel
de ce qu'on fait est assuré
par Dieu.
L'être humain déploie des efforts
pénibles pour travailler.
Le mot employé au verset 2
pour désigner ces efforts
est le même qu'en Genèse 3, 17-19 qui dit
«... le sol sera maudit à cause de toi.
C'est dans la peine
que tu t'en nourriras tous les jours de ta vie,
il fera germer pour toi l'épine
et le chardon et tu mangeras l'herbe des champs.
À la sueur de ton visage tu mangeras
du pain jusqu'à ce que tu retournes
au sol...»
Mais par-delà ces efforts déployés
par l'être humain,
le succès dépend de Dieu seul.
Ainsi lit-on dans le Deutéronome:
«Ne vas pas dire:
'C'est à la force du poignet
que je suis arrivé à cette prospérité',
mais souviens-toi que c'est
le Seigneur ton Dieu qui t'aura donné la force
d'arriver à la prospérité»
8, 17-18
Le Ps 126 fournit quatre exemples
de ces efforts auxquels les êtres humains
sont appelés:
la construction du temple ou d'une
simple maison
verset 1
la garde assurée d'une ville
verset 1;
l'acquisition du pain quotidien
verset 2;
une descendance
versets 3-5
Ainsi, à l'aide de ces exemples,
le Psaume 126
enseigne que le repos physique n'empêche
en rien
la bénédiction divine.
Le corps fatigué a besoin de se reposer,
de dormir et de manger.
Mais il n'y a pas que le repos physique.
Le repos est aussi intérieur.
2 Je n'ai de repos qu'en Dieu seul,
mon salut vient de lui.
6 En Dieu seul repose-toi, mon âme,
oui, mon espoir vient de lui.
Psaume 61; 2; 6
Le mot repos au verset 2
évoque l'abandon du petit enfant
qui est endormi en sécurité contre sa mère.
Le même mot revient dans le
Psaume 130
v2 «Je tiens mon âme égale
et silencieuse;
mon âme est en moi comme
un enfant,
comme un petit enfant contre
sa mère»
Le repos en Dieu
est comme la tendresse maternelle.
Comme la mère est unique
et irremplaçable pour l'enfant,
ainsi en est-il de Dieu pour le psalmiste.
Dieu est donc son seul repos,
c'est-à-dire sa véritable sécurité,
son seul salut
sa seule assurance, son unique espoir
verset 6
Ce repos ne peut être reçu
que par celui qui renonce aux fausses nécessités,
celles qui sont à l'échelle humaine:
10 L'homme n'est qu'un souffle,
les fils des hommes, un mensonge:
sur un plateau de balance, tous ensemble,
ils seraient moins qu'un souffle.
11 N'allez pas compter sur la fraude
et n'aspirez pas au profit;
si vous amassez des richesses,
n'y mettez pas votre coeur.
Psaume 61
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