« Galout »
est généralement traduit par « exil ».
Mais la galout n’est pas seulement le fait d’être bannis
d'un lieu , mais c'est être séparés de la réalité divine
En effet, être en galout,
c’est être prisonnier d’une vision fragmentaire
de la réalité sur tous les plans :
la fragmentation du temps, de l’espace,
de l’individu et de la communauté.
Cela affecte notre perception de soi,
d’autrui et de tous ce que nous vivons.
C’est notre incapacité à voir l’unité sous-jacente
de tout ce qui existe.
Nous ne voyons pas de connexion
entre les différents événements de nos vies,
entre les gens que nous connaissons
ni même entre les différents aspects
de nous-mêmes.
Nous considérons les autres
comme des êtres séparés de nous
plutôt que comme des éléments d’un tout unifié et symbiotique.
Nous considérons le temps comme une succession
d’événements disjoints sans finalité
qui les relie.
Le passé n’est qu’un « souvenir »
qui n’est plus vécu dans l’instant présent
et nous n’avons pas de concept ou de vision du futur.
« Ici et maintenant » sont les seules choses
réelles et palpables.
Voilà pourquoi les petits problèmes
qui m’arrivent parfois peuvent devenir si terribles,
les jours où j’ai le cafard,
et me faire (à moi et à mon entourage)
tellement de mal.
Parce que lorsque je suis prisonnière de l’instant,
je suis incapable de voir au-delà
de cet événement,
de ce problème que j’affronte
ou de la tuile qui me tombe dessus.
Ces aspects négatifs de ma vie
sont absurdes et, en tant que tels, me font mal.
À l’opposé,
la Guéoula, la rédemption,
est la capacité de voir l’intégrité,
l’unité et la divinité sous-jacente
dans la création.
C’est la perception du fil conducteur
et de la force unificatrice à l’intérieur de toute chose :
les gens, les endroits, les événements.
C’est considérer chaque événement
comme conduisant à une finalité,
comme ayant une mission et une raison d’être.
C’est comprendre qu’il y aura une apothéose finale
lorsque toutes les questions restées en suspens
auront trouvé leurs réponses.
C’est pourquoi le mot hébraïque pour
« terre d’exil », golah,
n’a qu’une lettre de différence avec son opposé :
guéoula, la rédemption.
Il manque dans golah le aleph contenu dans guéoula.
Aleph valant « un »,
le premier , et la source de tout ,
Dieu lui même
cela signifie qu’il manque la perception de l’Unicité,
de l’unité, de la plénitude et
de la finalité à laquelle D-ieu a voué Sa création.
Sans le aleph,
il s’agit bien sûr du même monde,
mais il nous apparaît morcelé, sans objet,
sans répit et plein de frustrations.
Il n’a ni but, ni passé, ni futur.
Le bonheur et l’épanouissement
y font défaut parce qu’il n’y a pas
d’appréciation objective
des gens et des choses qui constituent
notre environnement.
Mettez-y le aleph, cependant, et vous verrez émerger
un contexte, une mission,
une raison et une unité.
Chaque mitsva ,
parole de Dieu que nous mettons en pratique
dans la galout fait pénétrer ce
aleph à l’intérieur
de chacun de nous et à l’intérieur
du monde en général
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