Les scribes et les pharisiens
auxquels Jésus fait des reproches avaient adopté des attitudes et des comportements
qui masquaient leur véritable identité.
Quand on part vers Dieu, « il faut s'emporter tout entier... ».
Beaucoup ne partent qu'en apparence.
Ils se mettent eux-mêmes en sécurité avant de se mettre en route...
Ils se font une personnalité artificielle, d'emprunt, construite d'après les livres
et c'est cette personnalité artificielle, ce robot,
cette ombre d'eux-mêmes qu'ils envoient à la recherche de Dieu.
Ils n'entrent jamais vraiment de tout leur être dans l'expérience.
C'est déjà une sorte de saint qui s'embarque pour l'expédition,
un personnage modelé d'après les traités de perfection.
Ils envoient un double d'eux-mêmes tenter l'aventure
et s'étonnent ensuite de ne retirer de tout cela
que déception.
En partant, il faut mettre sur son âne tout ce
qu'on possède et partir avec tout ce qu'on est :
sa carcasse, son esprit, son âme.
Il faut tout prendre :
les grandeurs et les faiblesses, le passé de péché,
les grandes espérances, les tendances les plus basses et les plus violentes...
tout, tout, car tout doit être passé par le feu.
Tout doit être finalement intégré pour faire un être humain capable d'entrer
corps et âme dans la connaissance
de Dieu
Les scribes et les pharisiens auxquels Jésus s'adresse
veulent être admirés par les autres.
Ils désirent montrer qu'ils sont de grands virtuoses de la religion.
Jésus dénonce cette attitude égocentrique.
Il ne veut pas que ses disciples adoptent ce comportement en s'élevant
au-dessus de la mêlée pour être reconnu comme les meilleurs.
Il les invite plutôt à se faire serviteur pour communier profondément
à la vie des autres
êtres humains.
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