Il faut manger pour vivre.
Jésus est donc ce dont nous avons besoin pour vivre.
Il faut manger pour vivre et non vivre pour manger.
Or, si Jésus est la vraie nourriture, si Jésus est Dieu, nous pouvons entendre :
Il faut Dieu pour vivre et non vivre pour Dieu.
Quand Jésus affirme être le vrai pain, il se pose contre notre
sentiment religieux.
En effet, j’ai, bien souvent la tentation de vivre pour Dieu.
Je veux lui plaire.
Et, bien sûr, je m’imagine qu’à la clef, il y aura une récompense.
Parce que, nous sommes entre nous et je peux vous l’avouer :
quand je veux vivre pour Dieu, je veux vivre pour moi.
Et puis il y a un autre avantage à vouloir vivre pour Dieu, c’est que c’est mon choix.
D’une part, je peux m’enorgueillir d’avoir fait le bon choix :
puisque tant de gens vénèrent de faux dieux voire pas de dieu du tout,
faut-il que je sois malin pour avoir
choisi le bon !
Et voilà que Jésus me dit : Je suis le pain de vie, je suis ce qui te fait vivre.
Tu n’as pas le choix.
Si tu ne vis pas de moi, tu es mort.
Jésus vient renverser mon tranquille sentiment religieux :
Il faut Dieu pour vivre.
Dieu n’est pas le but que tu décides d’atteindre :
il est la seule source de ta vie.
Il n’est pas question ici d’avoir une vision utilitaire de Dieu.
Dieu n’est pas la cerise sur le gâteau, il n’est pas non plus l’outil qui va me faciliter la vie.
Il m’est complètement, absolument indispensable.
Je ne peux pas me passer de lui et toute vie que j’entends trouver
ailleurs qu’en lui n’est qu’une
illusion de vie.
Les disciples sont scandalisés
« elle est dure cette parole est qui peut la recevoir »
D’autant que Jésus, impitoyablement, passe d’un vague
esqiw manger au verbe trwgw mâcher, croquer.
Le verbe mâcher, croquer implique un investissement fort
(c'est le mot que les grecs emploient pour manger des fruits secs ou des aliments crus,
de ceux qui résistent sous la dent).
La mort de Jésus Christ me fait vivre, ce n’est pas simplement
une affirmation intellectuelle
ou spirituelle.
Oui, manger, mastiquer Jésus le Christ c’est me laisser envahir par lui, c’est renoncer à cette illusion de vie pour vivre selon sa vie, selon son amour.
Mâcher le Christ c’est nous mettre en action tout en reconnaissant
que nous sommes agis par lui,
c’est faire tout en reconnaissant que ce n’est pas moi qui fais.
Et oui, cette parole est dure à entendre, dure à recevoir,
dure à vivre.
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