Ces dernières années
un groupe constitué de psychothérapeutes,
d’un psychiatre, d’une psychanalyste
et de théologiens ont d’analysé l’état actuel
des intrications entre vie
spirituelle et processus
psychopathologiques.
Plutôt qu’aux
grands délires mystiques,
ils se sont intéressés à des phénomènes
beaucoup plus fréquents
dans des existences personnelles
et professionnelles
ordinaires.
Peu à peu
, le terme d’emboîtement
leur est apparu comme le plus adapté
pour décrire ces situations
où la rencontre d’une
structure psychologique vulnérable
avec certains propos
ou pratiques spirituelles
entraîne des souffrances psychiques importantes
, alors que les mêmes propos
ou pratiques peuvent rester
sans aucun effet chez
d’autres croyants.
Pour prendre
un exemple particulièrement
facile d’accès,
la lecture de méditations
sur la Passion du Christ par quelqu’un
que son histoire personnelle prédispose
à un rapport trouble à la souffrance
pourra entraîner des souffrances psychiques
et même physiques
importantes.
L’emboîtement
entre le propos sur la vertu
de chasteté et une psychologie
très immature dans le registre de la sexualité
pourra susciter des blocages
allant jusqu’au déni de la condition sexuée.
Ce ne sont donc pas les discours excessifs
ou les pratiques exotiques
qui les ont intéressés,
mais bien au contraire la manière
dont la vie spirituelle chrétienne
peut renforcer des processus névrotiques
dont elle est pourtant
censée libérer.
l’expérience pastorale
comme l’écoute thérapeutique
montrent que l’interaction
entre le psychique et le religieux se poursuit.
La libération ardemment proclamée
est encore en chemin !
Les membres de ce
« laboratoire de recherche »
ont tenté de cerner les contours
des emboîtements qu’on rencontre aujourd’hui :
les thèmes de la souffrance,
de la sexualité et de l’obéissance
ont particulièrement retenu leur attention ;
en outre, l’étude
critique de quelques textes
publiés récemment
et faisant l’objet
d’une large diffusion dans certains
milieux chrétiens leur ont permis de repérer
quelques-uns de ces processus
d’emboîtement et
d’évoquer leur
signification.
Présentant
quelques « stratégies »
inconscientes et mortifères
parfois mises en place pour échapper
au Manque propre à la condition humaine,
Macha Chmakoff
nous montre comment
la foi elle-même en arrive à être utilisée
contre ce Manque.
Jean-Marie Gueullette
relève la facilité avec laquelle on risque de « gober »
certains commentaires spirituels
qui déforment subtilement les textes bibliques
et mettent en péril une relation
libre et féconde avec Dieu.
Gilles Rosset
nous rend attentifs aux confusions
souvent désastreuses entre les
domaines« psy »
et « spi »
quand une thérapie dite chrétienne
devient le lieu d’aveuglements,
de récupérations et/ou de
prises de pouvoir.
sur la base d’un exemple concret,
Claire et Maurice Hurni
montrent comment se met en place
une perversion relationnelle
inextricablement
liée à la vie spirituelle.
Maurice Bellet,
lui, appelle la culpabilisation
« la perversion majeure » de ce qui était au départ
la bonne nouvelle de l’Accueil
sans condition.
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