3.6 Le sommeil des vierges
[deuxième période]
« Or, comme l’époux tardait,
elles s’assoupirent toutes et s’endormirent. »
Matthieu 25:5
Le méchant esclave
avait dit en son cœur :
« Mon maître tarde à venir »
Matthieu 24:48
ce qui n’était pas un bon état de cœur.
Il était content
que son maître retarde sa venue,
car ainsi il pouvait entre temps agir à sa guise,
comme il lui plaisait.
« Mon maître ne
va pas venir si vite que ça ! »
Ceci nous rappelle les paroles des
moqueurs des derniers jours :
« Où est la promesse
de sa venue ?
car depuis que les pères se sont endormis,
toutes choses demeurent au même état
dès le commencement
de la création »
2 Pi 3:3, 4, 9
Il a effectivement
plu au Seigneur de ne pas revenir
tout de suite au début du christianisme.
Il y a certainement plusieurs raisons pour cela.
L’une d’entre elles est sûrement que Dieu
voulait encore sauver beaucoup
de pécheurs.
Cette pensée se trouve
dans le passage cité de la deuxième épître de Pierre :
« mais il est patient envers vous,
ne voulant pas qu’aucun périsse,
mais que tous viennent à
la repentance »
2 Pierre 3:9
Sans doute le Seigneur Jésus
décrit maintenant une deuxième période
dans notre parabole, une deuxième partie dans
l’histoire de l’église chrétienne.
La première a été
caractérisée par la sortie des vierges.
La deuxième période, beaucoup plus longue,
nous montre le manque de vigilance
des professants chrétiens.
Qu’il s’agisse des vierges prudentes
ou des folles, toutes s’assoupirent
et finirent par s’endormir
. Ceci signifie
manifestement que l’espérance
du retour de Christ pour l’enlèvement des Siens
a été laissée de côté relativement tôt dans la chrétienté,
et que finalement elle s’est
perdue complètement.
C’est exactement
ce qui est arrivé comme nous le montre
un coup d’œil donné à l’histoire de l’église.
Après le départ des derniers apôtres
, l’appel céleste de l’église
a été bientôt perdu de vue
, et avec lui également, l’espérance
du retour de Christ.
Comme Christ était si, si loin
, et le monde si proche, on se rendit la vie
dans ce monde aussi agréable que possible,
et on se mit à fraterniser avec lui
. Quand les affections pour Christ ne sont plus vives,
plus rien ne retient sur le chemin du déclin.
Très tôt les vrais chrétiens sont devenus
comme le monde, et le monde comme les chrétiens
. Les chrétiens se sont sentis chez eux
dans ce monde, et n’ont plus eu besoin de Lui.
Les simples professants de leur côté,
ne L’avaient jamais désiré
. Et ainsi tous s’endormirent effectivement
, les vierges prudentes
comme les folles.
Ce qui est si frappant en tout cas,
c’est que non seulement l’espérance de la venue de Christ
a été complètement perdue, mais aussi la
connaissance de cette vérité elle-même.
Très tôt on n’a plus ni vu ni compris
qu’il y aurait une venue du
Seigneur pour enlever
les saints
1 Thes 4:13-18
. Au plus tard 300 ans
après Christ, on ne trouve plus le moindre indice
dans la littérature chrétienne de la connaissance de cette
vérité précieuse, dont l’accomplissement avait été attendu
si ardemment par les premiers chrétiens au cours
des persécutions. Car cela avait été
leur salutation :
« Maranatha — Le Seigneur vient ! »
1 Corinthiens 16:22
Même les croyants fidèles
, qu’il y a eu sans doute à toutes les époques,
ne se sont pas différenciés des professants
sans vie à cet égard.
Des hommes et des femmes
de foi ont écrit des poèmes et des cantiques
magnifiques dans des temps de détresses
les plus profondes, et ceux-ci réjouissent et fortifient
encore aujourd’hui le cœur de tout croyant
. Mais nulle part dans aucun
de leurs cantiques ne brille l’espérance de l’enlèvement
des croyants.
Comment est-ce possible ?
Nous avons la réponse dans notre parabole :
« Or, comme l’époux
tardait, elles s’assoupirent
toutes et s’endormirent ».
Cela a donc été l’état moral
de la chrétienté pendant de nombreux siècles :
Le retour du Seigneur a été oublié par tous.
Combien cela est sérieux et humiliant !
Si nous n’attendons plus le Seigneur Jésus
au quotidien, la porte est grande ouverte
pour laisser entrer la conformité au monde
dans notre vie individuelle et collective.
Rien ne forme autant notre
caractère que l’espérance qui anime
et gouverne notre cœur.
C’est pourquoi rien ne nous sépare davantage
du monde et de tous ses objectifs que l’attente
constante du Seigneur.
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