Je
suis YHWH
ton Dieu.
Tout
ce qui suit,
que ce soit au futur
ou à l’impératif dépend
de cette indication première :
qui est celui qui parle.
Ce présent
n’est jamais reléguable
dans le passé, il n’est jamais
dépassé, il est toujours au présent
de la lecture, présent de tout
temps. S’y articulent le
passé avec l’œuvre
de libération,
le présent
de

l’alliance
offerte et l’avenir
orienté par le présent,
par Celui qui est présent.
La grammaire française reconnaît
une valeur impérative au futur, une manière
d’adoucir ce que l’impératif peut avoir
de brutal et d’accorder un délai
dans la réalisation de ce qui
reste néanmoins un ordre,
c’est à dire une manière
de ménager pour
le destinataire
de l’ordre
un
temps
qui lui soit
adapté.
L’accomplissement
des Paroles au futur serait
ainsi différé, non par le bon vouloir
du destinataire, mais par le délai nécessaire
à ce qu’il en devienne capable. Mais
comment obtenir cette capacité ?
—On peut aussi comprendre
le futur dans sa valeur
d’avertissement
: ne commence
pas à…
Ce
qui est
pointé dans le
commandement
correspond alors à une
pente naturelle, une tendance
inévitable, constitutive du destinataire
. A lui de ne pas y céder maintenant
qu’il est en avisé. Mais sa
conscience suffira-t-elle
à le préserver ?
—Or le présent
qui
surplombe
les Dix Paroles
empêche de laisser
l’avenir dépendre seulement
du destinataire des Paroles. Mais
le futur recèle en lui une autre valeur,
qui est celle de la promesse et
implicitement celle de la confiance.
Celui qui est présent va lui-même
rendre le destinataire capable
de vivre selon le
Décalogue.
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