…
peut-
être, pour
la première fois
de ma vie, suis-je en
situation d’appréhender
quelque chose du danger vital
pour moi-même. Moi, occidentale de
la génération X, bercée à la pensée
magique de la toute-puissance
de l’homme en son savoir, je
ne sais pas ce que
signifie avoir
peur pour
ma vie.
…
voilà
ce qui peut
nous sauver:la
conscience de notre
précarité. Car nous nous
sommes fragilisés à éradiquer
la fragilité. Notre système immunitaire
psychique vit en quarantaine du
malheur dans nos sociétés
privilégiées. Voilà une
occasion pour lui
de travailler ses
défenses
(par
défenses
entendons lucidité,
confiance et solidarité)
… Nous autres, Occidentaux
sur-civilisés (sûrs ?), craignons toujours
de nous conduire ou d’être conduits
en mouton. Angoisse fatale de
passer pour des cons –
nous voilà devant
un souci plus
fatal, qui
nous
rendra
peut-être
le sens des
mots. Alors en
voici un joli, de mot,
en guise de viatique, que
vous pouvez passer sur votre
front comme un gant froid si
comme moi vous avez de
fièvre : murmuration.
C’est le mot qui
désigne les
vols
des
étourneaux
qui se coordonnent,
apparemment sans chef
et en temps réel, pour voler
comme d’une seule paire d’ailes.
Chacun, j’imagine, doit se penser
lui-même comme ce corps immense.
Fondons-nous un peu en ce « nous »
que nos vies individuelles fractionnent,
d’ordinaire, impitoyablement.
Et murmurons ensemble :
murmuration…
MM-Colard
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