Les
femmes
sans nom sont-
elles des femmes sans
caractère ? Sans destin ? Sans
malédiction ni bénédiction ? Ce sont les
femmes de Caïn, de Noé, dont l’identité est
définie par cet attribut du sujet : femme « de »
et donc par ceux qui les ont choisies comme
compagnes. C’est la femme de Tekoa, dont
le nom manquant est donné par celui
de son village . Elles semblent être
dans un entre-deux, ni héroïnes,
ni cohorte de toutes celles
dont l’identité
se résume
à
une
position, à
une fonction – la
prostituée, la servante,
la veuve ou la divorcée. Si
nommer est une marque de pouvoir,
ces femmes sans nom échappent à tout
pouvoir. Elles sont en deçà et au-delà. Elles
sont de celles qui plairaient à la poétesse
Marina Tsvetaieva : « passer sans laisser
de trace/est peut-être la meilleure
façon de conquérir le temps
et l’univers de s’en
rendre la
part
invisible
mais indispensable.
Mais, surtout, si l’effacement
peut être perçu comme vertu, comme
soustraction au pouvoir, comme humilité,
les êtres effacés ne doivent pas être les oubliés.
Tel est le danger qui les guette et qui nous guette.
Mais c’est aussi, donc, en creux, une éthique, que
d’honorer la mémoire ou la partition de qui ne
s’inscrit pas en toutes lettres dans
nos paysages et nos textes,
en nos tissus, nos
mémoires..
C Boulouque
une
position, à
une fonction – la
prostituée, la servante,
la veuve ou la divorcée. Si
nommer est une marque de pouvoir,
ces femmes sans nom échappent à tout
pouvoir. Elles sont en deçà et au-delà. Elles
sont de celles qui plairaient à la poétesse
Marina Tsvetaieva : « passer sans laisser
de trace/est peut-être la meilleure
façon de conquérir le temps
et l’univers de s’en
rendre la
part
invisible
mais indispensable.
Mais, surtout, si l’effacement
peut être perçu comme vertu, comme
soustraction au pouvoir, comme humilité,
les êtres effacés ne doivent pas être les oubliés.
Tel est le danger qui les guette et qui nous guette.
Mais c’est aussi, donc, en creux, une éthique, que
d’honorer la mémoire ou la partition de qui ne
s’inscrit pas en toutes lettres dans
nos paysages et nos textes,
en nos tissus, nos
mémoires..
C Boulouque
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