Le
dominicain
Michel Froidure
raconte qu’il a été pris
en autostop par un conducteur
intéressé par sa qualité de religieux
qui l’a longuement interrogé sur les psaumes.
Il lui a expliqué que, pendant la guerre il a
été déporté en Allemagne et que c’est
grâce aux psaumes qu’il a tenu le
coup. C’était un compagnon de
déportation qui les savait
par cœur et qui les lui
avait appris : « Il
n’y avait que
cela qui
était
à
la
hauteur
du drame que
nous vivions ! »
Ce témoignage nous
permet de comprendre
l’ambivalence de ces prières
qui disent à la fois l’absence de Dieu,
la misère de l’homme, le sentiment d’être
abandonné et entouré d’ennemis ; et la
louange, le cri de victoire, la grande
affirmation du pardon et de la
bienveillance de Dieu.
Si nous considérons
les Psaumes dans
le registre de la
dogmatique,
ils
sont
incohérents,
car ils disent une
chose et son contraire.
En revanche, si nous les
entendons comme la parole de
l’homme en lutte avec ses
contradictions, ses échecs et
ses ambivalences, ils sont
à l’image de notre
humanité.
A Nouis
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