une
équipe
britannique
entreprend de vérifier
si les moutons se distinguent
et s’identifient mutuellement, et
s’ils sont dotés, comme les primates, d’un
circuit neuronal spécialisé dans la reconnaissance
faciale. Les résultats sont sans équivoque.
L’équipe découvre que les moutons se
reconnaissent individuellement,
même en photo. Ils gardent
en mémoire pendant plus
de deux ans l’aspect
individuel
d’une
cinquantaine
de congénères,
même après une
séparation (montrez-leur
l’image d’un proche perdu
de vue, ils la saluent en bêlant). Et
ils savent faire la même chose pour les
visages humains. Une mémoire sociale, des
liens personnalisés, des relations électives
(les éthologues n’hésitent pas à parler
d’«amitié»), une régulation
complexe entre les
interactions
individuelles et
la dynamique groupale…
on est très loin du moutonnement
indifférencié D’où venait donc
notre fourvoiement? . Le
problème, se dit la
chercheuse,
n’est
peut-
être pas du
côté de l’animal
observé, mais de l’observateur.,,
Constat affligeant:les questions que
l’éthologie classique pose aux moutons
portent essentiellement sur leur relation aux
ressources: en gros, sur leur broutement,
c’est-à-dire «la manière dont ils
transforment l’herbe en
gigots». C’est
ainsi
que
Thelma
Rowell en
vient à s’installer à
demeure dans le Nord de
l’Angleterre avec un troupeau.
Sous ses yeux apparaissent alors les
amitiés (les moutons «sont sans cesse en
train de fabriquer des liens»), les jeux et les
«propositions de déplacement»
que les animaux se font
en levant leur
museau en
l’air.
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