De
la prière,
on dit qu’elle
ne va pas de soi.
Pour ceux qui regardent
la prière de l’extérieur, se courber
devant un Dieu tout-puissant apparaît
comme une forme de régression infantile;
l’homme adulte devrait se passer de
cette pitoyable béquille. Pour
ceux qui vivent la prière
de l’intérieur, l’attente
d’un exaucement
qui ne vient
pas use la
confiance.
Et
puis,
dit
puis,
dit on,
se retrousser
les manches et agir
ne vaut-il pas mieux que
se reposer sur une hypothétique
intervention céleste? Dans l’air du temps,
tout pousse à l’action et rien n’incite à prier.
La prière n’a pas disparu, mais elle est plutôt
réservée aux situations d’exception. On prie en
cas de besoin. On prie par défaut, en cas de
détresse, quand aucun secours n’est à la
hauteur du danger qui menace.
On prie dans les grandes
émotions collectives
que déclenchent
les attentats
On prie
que
Dieu se
réveille de
son silence, dans
l’idée que notre cri éveillera
son attention. Jadis
interventionniste,
Dieu aurait-Il
opté pour le
laisser
faire
?
...
D Marguerat
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