Le
pli donne
une troisième
dimension à la surface
du tissu: la profondeur. Il est
la structure d’une réalité qui n’est pas
plate mais profonde. Les choses sont
mystérieuses, labyrinthiques,
complexes mais jamais
chaotiques. On
passe de la
lumière
à
l’ombre
et de l’ombre
à la lumière. Elles
ne sont pas coupées l’une
de l’autre, on glisse de l’une à
l’autre sans solution de continuité. Elles
sont montées, agencées l’une sur l’autre
comme l’envers et l’endroit ou le dedans et
le dehors l’une de l’autre, indissociables,
formant une texture cohérente
et harmonieuse, un cosmos.
Le réel n’est pas
fragmenté,
cloisonné.
Rien
ne
subsiste
comme entité
séparée. Il est
sans couture,
simple
Un.
Le
pli est
singulier,
unique, sans
cesse renouvelé,
sans cesse différent. Il
est la matière d’une réalité
mouvante, en devenir, en train
de naître et de disparaître, de se
manifester et de se cacher. Le pli est
un lieu de genèse. Ses écarts,ses
modulations, ses sont comme
un système diacritique
de différenciation,
une structure de
manifestation.
« L’esprit
sourd
comme
l’eau dans la
fissure de l’être » dit
Merleau-Ponty. Il est « primal »
au sens féminin parce qu’il est un
lieu de naissance. Il est fécondité,
gestation, parturition. D’où les
cocons, les ombilics et tous les
tableaux où il est question
d’origine et de
naissance.
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