Après
avoir passé
le ramasse-miettes
sur mon cœur en débris,
il me fallait faire le tri de ce
qui restait dans mes mains et dans
ma vie. Poser ça sur une table neuve.
Etendre le linge clair de cette grande lessive.
De mon coeur vider les seaux trop pleins
de vieilles eaux, grands courants
d’air, fenêtres qui cognent,
poussières qui tombent
et fuient, fébrilité,
impatience
de
préparer
quelque chose.
Une place. Une
énorme place. Belle,
neuve.,,Oui je désirais pour
ma vie un printemps.
Qui ne désire
pas pour
sa
vie
le printemps ?
Que la sève gicle
de frais dans les veines
et les vaisseaux, que la peau
du cœur se réchauffe, que les
lèvres goûtent à la saveur salée
de mots inconnus, que le corps retrouve
le désir de s’élancer vers les plus fins
et élégants nuages, que nos mains
brassent l’ombre douce de nos
rêves. Désirer ce qui est
nouveau. Ou mieux
encore : désirer
que ce qui
est
nouveau
se renouvelle
sans relâche, sans
aube ni coucher.
Pour enfin palper
un sentiment
d’éternité.
Smetana
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