Loué
sois tu, mon Dieu,
pour les consonnes et les voyelles,
pour leur élan fantasque
et leurs unions
tranquilles.
Loué
sois
tu
pour
l’enchantement
des syllabes, la musique des
noms et le tranchant des
verbes. Loué sois
tu pour
la
secrète
respiration
des phrases et l’infinie richesse
de leurs agencements.
Loué sois
tu
pour
l’intonation
de la voix, pour l’accent
du terroir et la couleur des mots
qu’enfantent nos lèvres.
Loué sois
tu
pour
la parole humaine,
celle qui hésite au bord du mystère,
celle qui se presse à exprimer la
joie,celle qui trébuche quand
s’y mêlent les pleurs,
celle qui murmure
l’amour au
matin,
celle
qui
gronde
d’espoir contenu,
celle qui chante sans pouvoir s’arrêter,
celle qui donne le goût de vivre,
le courage de
lutter,
et
l’espérance
d’un jour nouveau.
Oui, il est bon de te louer,
de parler dans l’estime du langage d’homme
et de poursuivre chaque jour
notre tâche d’ouvrier
de la parole.
J-Y Quellec
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