Il
est
frappant
de noter que
l'invitation à porter sa croix se
trouve dans Matthieu (16.24),Marc (8.34)
et Luc (9.23) et que ces trois mêmes Évangélistes
sont d'accord pour dire que Jésus n'a pas
réussi à porter lui-même sa propre
croix ! Il n'y est pas arrivé !
Il a flanché en cours de
route...Comment
cela Seigneur ?
Me
demanderais
tu de faire ce que
tu n'as pas réussi à
faire ? jamais, Seigneur,
tu n'as exigé d'un disciple
de faire plus que ce que
tu as toi-même
fait !
Voudrais
tu maintenant que
je porte ma croix, quand
tu n'as pas porté la tienne... ?
Au moment où Jésus a
ployé sous la
charge,
l'autorité
romaine a eu
pitié ; elle a mobilisé
un certain Simon de Cyrène
pour porter la croix du Christ.
Et Luc précise alors que
Simon s'est placé
« derrière Jésus »
pour porter
avec lui
sa
croix
(23.26).
Ils l'ont
portée ensemble.
Le Christ a bénéficié
d'une grâce. Lorsqu'il a
fléchi sous sa croix, il a
senti que quelqu'un venait
à son aide. Il a certainement
perçu derrière lui le silence de
sa présence, le silence de son effort.
Et il a éprouvé le merveilleux
soulagement d'une aide
inattendue. Sans rien
demander il a
pourtant
bénéficié d'une
incroyable pitié, celle
de ses impitoyables bourreaux !
Crois-tu, pourrait nous dire le Christ,
que je ne sais pas ce que c'est que de ployer
sous une croix, d'être écrasé, accablé, et
de flancher ? Crois-tu que ma pitié
est moindre que celle d'un
tyran et que je ne te
ferai pas grâce... ?
D Bourguet
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