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2016-10-14T07:16:45+02:00

samaritaine

Publié par sulamite -

Elle ;

 Nous

avons notre

 église sur la montagne

et vous autres vous prétendez

que l'église est en ville.Il lui dit :

Vieille querelle, mais je vais te dire.

Maintenant le ciel n'est plus ici

ou là, il n'est qu'à chacun. Les

cantiques ne font plus la

fête. Rien ne tient

devant la lumière

que la

transparence.

Elle est dépassée,

elle répond ;

sans

samaritaine

 Nous avons notre  église sur la montagne et vous autres vous prétendez que l'église est en ville.

Il lui dit : Vieille querelle, mais je vais te dire. Maintenant le ciel n'est plus ici ou là, il n'est qu'à chacun. Les cantiques ne font plus la fête. Rien ne tient devant la lumière que la transparence.

Elle est dépassée, elle répond 

Sans

doute, mais

quelqu'un viendra

nous le dire.Il lui dit :

Mais c'est moi.Alors elle

ouvre de grands yeux. Elle

ouvre aussi la bouche comme

si elle allait parler. Mais les disciples

reviennent. Ils ne disent rien non plus.

Alors elle s'en va, et si vite qu'elle oublie sa cruche.

Eux, ils ne demandent pas ce qu'il voulait ou ce qu'elle voulait. Ils n'ont rapporté que des galettes et des concombres car les indigènes sont sournois. Lui, la nourriture partagée, il n'y touche pas. A-t-il eu à manger en leur absence ?

Il dit : Vous voulez savoir ? Vous pensez qu'il n'y a qu'à attendre ? Et si on n'avait plus le temps ?

Or la femme est de retour avec des voisins. Alors le maître est tellement à l'aise avec ces étrangers que leur méfiance tombe. Ils l’invitent, ils l'emmènent. Ils le questionnent dans la rue où sèchent les bouses. Ils le font entrer dans une salle fraîche, s'asseoir devant une cruche suintante.

Une aveugle l'écoute, tête penchée, un ruban dans les mains. Et voilà qu'elle lui parle d'une odeur, d’un  tintement. Mais il la détourne des féeries qu’elle se forge et il la livre à une ombre plus pure.

 

Jean Grosjean - Les beaux jours

Nous avons notre  église sur la

montagne et vous autres vous prétendez

que l'église est en ville.Il lui dit : Vieille querelle,

mais je vais te dire. Maintenant le ciel n'est

plus ici ou là, il n'est qu'à chacun. Les

cantiques ne font plus la fête. Rien

ne tient devant la lumière que la

transparence.Elle est

dépassée, elle

répond :

Nous avons notre  église sur la

montagne et vous autres vous prétendez

que l'église est en ville.Il lui dit : Vieille querelle,

mais je vais te dire. Maintenant le ciel n'est

plus ici ou là, il n'est qu'à chacun. Les

cantiques ne font plus la fête. Rien

ne tient devant la lumière que la

transparence.Elle est

dépassée, elle

répond :

 

doute,

mais quelqu'un

viendra nous le dire.

Il lui dit : Mais c'est moi.

Alors elle  ouvre de grands

yeux. Elle ouvre aussi la bouche

comme si elle allait parler. Mais les

disciples  reviennent. Ils ne disent rien

non plus. Alors elle s'en va, et si vite qu'elle

oublie sa cruche.Eux, ils ne demandent pas

ce qu'il voulait ou ce qu'elle voulait. Ils

n'ont rapporté que des galettes

et des concombres car les

indigènes sont

sournois.

Lui,

la

nourriture

partagée, il

n'y touche pas.

A-t-il eu à manger

en leur absence ?Il dit :

Vous voulez savoir ? Vous

pensez qu'il n'y a qu'à attendre ?

Et si on n'avait plus le temps ?Or la

femme est de retour avec des voisins.

Alors le maître est tellement à l'aise avec

ces étrangers que leur méfiance tombe.

Ils l’invitent, ils l'emmènent. Ils le

questionnent dans la rue où

sèchent les bouses. Ils le

font entrer dans une

salle fraîche,

s'asseoir

devant

une cruche

suintante.Une

aveugle l'écoute,

tête penchée, un ruban

dans les mains. Et voilà

qu'elle lui parle d'une odeur,

d’un  tintement. Mais il la

détourne des féeries

qu’elle se forge et

il la livre à une

ombre plus

pure.

 

 

Jean Grosjean - Les beaux jours

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