Elle ;
Nous
avons notre
église sur la montagne
et vous autres vous prétendez
que l'église est en ville.Il lui dit :
Vieille querelle, mais je vais te dire.
Maintenant le ciel n'est plus ici
ou là, il n'est qu'à chacun. Les
cantiques ne font plus la
fête. Rien ne tient
devant la lumière
que la
transparence.
Elle est dépassée,
elle répond ;
sans
Nous avons notre église sur la montagne et vous autres vous prétendez que l'église est en ville.
Il lui dit : Vieille querelle, mais je vais te dire. Maintenant le ciel n'est plus ici ou là, il n'est qu'à chacun. Les cantiques ne font plus la fête. Rien ne tient devant la lumière que la transparence.
Elle est dépassée, elle répond
Sans
doute, mais
quelqu'un viendra
nous le dire.Il lui dit :
Mais c'est moi.Alors elle
ouvre de grands yeux. Elle
ouvre aussi la bouche comme
si elle allait parler. Mais les disciples
reviennent. Ils ne disent rien non plus.
Alors elle s'en va, et si vite qu'elle oublie sa cruche.
Eux, ils ne demandent pas ce qu'il voulait ou ce qu'elle voulait. Ils n'ont rapporté que des galettes et des concombres car les indigènes sont sournois. Lui, la nourriture partagée, il n'y touche pas. A-t-il eu à manger en leur absence ?
Il dit : Vous voulez savoir ? Vous pensez qu'il n'y a qu'à attendre ? Et si on n'avait plus le temps ?
Or la femme est de retour avec des voisins. Alors le maître est tellement à l'aise avec ces étrangers que leur méfiance tombe. Ils l’invitent, ils l'emmènent. Ils le questionnent dans la rue où sèchent les bouses. Ils le font entrer dans une salle fraîche, s'asseoir devant une cruche suintante.
Une aveugle l'écoute, tête penchée, un ruban dans les mains. Et voilà qu'elle lui parle d'une odeur, d’un tintement. Mais il la détourne des féeries qu’elle se forge et il la livre à une ombre plus pure.
Jean Grosjean - Les beaux jours
Nous avons notre église sur la
montagne et vous autres vous prétendez
que l'église est en ville.Il lui dit : Vieille querelle,
mais je vais te dire. Maintenant le ciel n'est
plus ici ou là, il n'est qu'à chacun. Les
cantiques ne font plus la fête. Rien
ne tient devant la lumière que la
transparence.Elle est
dépassée, elle
répond :
Nous avons notre église sur la
montagne et vous autres vous prétendez
que l'église est en ville.Il lui dit : Vieille querelle,
mais je vais te dire. Maintenant le ciel n'est
plus ici ou là, il n'est qu'à chacun. Les
cantiques ne font plus la fête. Rien
ne tient devant la lumière que la
transparence.Elle est
dépassée, elle
répond :
doute,
mais quelqu'un
viendra nous le dire.
Il lui dit : Mais c'est moi.
Alors elle ouvre de grands
yeux. Elle ouvre aussi la bouche
comme si elle allait parler. Mais les
disciples reviennent. Ils ne disent rien
non plus. Alors elle s'en va, et si vite qu'elle
oublie sa cruche.Eux, ils ne demandent pas
ce qu'il voulait ou ce qu'elle voulait. Ils
n'ont rapporté que des galettes
et des concombres car les
indigènes sont
sournois.
Lui,
la
nourriture
partagée, il
n'y touche pas.
A-t-il eu à manger
en leur absence ?Il dit :
Vous voulez savoir ? Vous
pensez qu'il n'y a qu'à attendre ?
Et si on n'avait plus le temps ?Or la
femme est de retour avec des voisins.
Alors le maître est tellement à l'aise avec
ces étrangers que leur méfiance tombe.
Ils l’invitent, ils l'emmènent. Ils le
questionnent dans la rue où
sèchent les bouses. Ils le
font entrer dans une
salle fraîche,
s'asseoir
devant
une cruche
suintante.Une
aveugle l'écoute,
tête penchée, un ruban
dans les mains. Et voilà
qu'elle lui parle d'une odeur,
d’un tintement. Mais il la
détourne des féeries
qu’elle se forge et
il la livre à une
ombre plus
pure.
Jean Grosjean - Les beaux jours
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