Tout
d’abord
cette parabole
nous dit que notre
humanité n’est pas réductible
à la polarité juste / injuste.
Nous ne sommes pas
seulement le
produit
de
nos actions
et de nos pensées
justes ou injustes, bonnes
ou mauvaises, morale ou immorales.
Nous sommes plus
que cela,,,Certes, cet homme
est un embrouilleur de
première, mais il
n’est pas que
cela. Il
est
aussi
très doué
pour les relations
humaines ! Il sait parler
le langage de ses interlocuteurs,
se rendre proche, passer des accords,
créer un lien de dépendance réciproque.
Les gens raides comme la justice,
absolus dans leur jugement,
sont souvent des gens
très seuls et très
redoutés. Ils
interprètent
le monde,
Dieu
et
les
autres
au moyen
d'une grille bipolaire,
arrêtant le curseur sur
"justice ou injustice", "bien
ou mal", "vérité ou mensonge".
Le monde, Dieu et les autres, n'est
ce pas un peu plus compliqué que cela ?
La justice comme seul critère de jugement de
l’homme aboutit nécessairement à des
aberrations. L’évangile ne craint
pas de le dire. Notre gérant
est un escroc, mais il est
plus que cela : c'est un
homme intelligent
qui a
des
qualités
relationnelles
exceptionnelles.
Certes, dira-t-on, c’est
l’intérêt qui le pousse à agir
et non l'empathie. Ses intentions
sont douteuses et intéressées !
Après le procès en justice,
voilà donc le procès
de la mauvaise
intention !
Attention,
ce procès-là
pourrait conduire
beaucoup de monde
en prison… Nos intentions
de bons chrétiens sont-elles
toujours aussi pures et
désintéressées
qu’elles le prétendent ?
Jésus salue la
sagesse du
gérant.
Cet
homme
se montre
capable de composer
avec les réalités pour maintenir
des relations, faire des projets, créer
du lien. L’Eglise s’est souvent perdue
dans le dogmatisme. ,,,L’Ecclésiaste ne
l'avait-il pas mis en garde,
quand il écrivait :
« Ne sois pas
trop juste,
ne sois
pas
trop sage… »
Ec 7.17
Au
lieu
de se
croire investie
de tous les pouvoirs
d’en-haut, l’Eglise devrait
quelquefois humblement chercher
à s’instruire de certaines aptitudes
que le monde maîtrise. Un
certain pragmatisme, la
capacité d’inventer
et de s’adapter
de
façon
originale
aux exigences
du temps présent,
pour plus de rencontres,
plus d’ouverture, plus
de lien, pour plus
de compassion
entre les
hommes.
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