La
croix
déconstruit
les logiques du
monde, celle des
Juifs qui se targuent
d’être les héritiers des
signes reçus par leurs pères,
celle des Grecs qui
s’appuient sur la
sagesse de
leurs
penseurs,
celle de tous
les humains qui
misent leur vie sur
la puissance,
la force
ou
la
gloire.
Elle pointe
à la place le
Christ, nu, dépouillé,
faible, cloué sur une croix.
« Nous proclamons, nous, un
Christ crucifié, scandale
pour les Juifs et folie
pour les païens »
1 Co 1, 23
Oui,
scandale,
occasion de
chute parce que
Dieu n’est pas du côté
des traditions qu’on fourbit
comme des armes pour juger
ou contraindre les autres ;
folie, parce qu’il n’est
pas non plus du
côté des
savoirs
sur
lesquels
on se hisse
pour surpasser
les autres.Paul a
pris la pleine mesure
de l’incapacité de tout humain,
lui inclus, à échapper par
lui-même au mal :
« Car le bien
que je
veux,
je
ne le
fais pas,
mais le mal
que je ne veux
pas, je le pratique »
(Rm 7, 19). La loi du
péché, dont il ressent
douloureusement le joug
pour lui comme pour les autres,
s’oppose aux aspirations de
ce qu’il appelle « l’homme
intérieur » Rm 7, 22.
Ce constat aurait
de quoi
décourager :
« Malheureux
homme que je suis!
Qui me délivrera de ce
corps de mort? » Rm 7, 24
Cela l’ouvre au Christ jusqu’à
pouvoir dire : « Ce n’est plus moi
qui vis, mais le Christ qui vit en moi.
Ma vie présente dans la chair, je la vis
dans la foi au Fils de Dieu qui m’a
aimé et s’est livré pour moi »
Ga 2, 20
Cette
affirmation
pourrait sembler
prétentieuse, voire
choquante, si elle ne
témoignait pas de la
métamorphose vécue par
Paul à la jointure de l’âme et
du souffle »voir He 4, 12, un
évidement radical,
œuvre de « miséricorde »,
œuvre de la grâce du
Christ qui sauve
l’humain pécheur.
Gratuitement.
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