Parler,
chanter,
raisonner
sont une même
substance qui peut
être écoutée par Dieu,
à qui on demande de prêter
l'oreille. Gloires est plus fort que
psaumes, à la tonalité idyllique, et
sans aucun doute préférable à louanges,
dont Meschonnic dit drôlement que cela aurait
« un côté Saint-John Perse », comme s'il
s'agissait d'une « adoration vague et
d'une acceptation du monde et de
son histoire ». Mais non, voyons :
rien de plus tendu, de plus
tremblant, de plus
dramatique
que
ces
paroles
sortant enfin
de la brume cléricale
pour exposer l'épouvante
et la peur du gouffre, l'appel
au nom divin et à sa promesse
de joie. La Tora n'est pas la Loi, mais
l'Enseignement. Les Gloires sont des situations
d'abîme : c'est l'homme qui risque d'être avalé,
raflé, détruit par ses persécuteurs réels,
jeté au trou, mais qui garde confiance
dans son « Dieu de la multitude
d'étoiles ». On presse Dieu
d'écouter, d'intervenir, de
parler, de trancher. Il l'a
fait, il peut donc le
refaire....
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