Utiliser
la religion
pour manipuler
autrui, prendre le pouvoir
sur lui et le détruire psychiquement
et spirituellement, c’est une pratique de
tous les temps, dénoncée d’un bout
à l’autre de la Bible. On prend
« Dieu » en otage, on le
modèle à sa guise, on
le per-vertit
(étymologiquement,
on le tourne en son contraire)…
pour mieux dominer les autres. En
somme, on donne ainsi à sa propre perversio
n le poids du sacré, une justification
divine : « C’est pour ton
bien spirituel ! »
Une
parole-phare
de l’Évangile peut
aider à sortir de la religion
perverse : « Voici, moi je
vous envoie comme
des brebis au
milieu de
loups.
Devenez donc
sensés/intelligents/avisés
comme des
serpents
et
entiers/intacts/
non-mélangés/intègres
comme des colombes ! »
Mt 10,16
Autrement
dit, sortir d’une
religion perverse,
donc mortifère,« cheminer »
vers la « vie » et sa fécondité,
suppose un travail de « vérité »
qui bannit la complaisance et mobilise
l’intelligence, le bon sens, la lucidité sur
soi-même et sur les autres . Donc
, cela suppose aussi un
travail d’unification
dont l’enjeu est
de devenir
« non-mélangé »
, c’est-à-dire non divisé
au-dedans de soi : en devenant
« entier », on perçoit de mieux en mieux
les divisions intérieures qui sont à l’origine
es perversions ; et en utilisant son
bon sens et son intelligence
, on prend conscience
des parties de soi
et d’autrui auxquelles
on était aveugle…
et on (re)trouve
son identité
« intacte ».
Jésus
en appelle
toujours à l’unification
de soi, à la non-contradiction
entre ses propres pensées, paroles
et actes. N’est-ce pas là que s’enracine
le rapport à la vérité, si déterminant
dans la Bible ? Il s’agit avant tout
de lucidité sur soi-même,
de prendre conscience
des manipulations
spirituelles dont
on est l’objet
ou dont
on
est l’instigateur,
l’instigatrice ; il s’agit
aussi de prendre conscience
des distorsions que l’on impose
aux textes bibliques, en leur faisant
dire exactement le contraire de ce qu’ils
disent. Là, l’héritage est lourd, quand
on pense aux nombreux siècles
où la majorité de la population
n’avait pas accès aux textes
bibliques dans sa propre
langue, encore moins
à l’hébreu
et au
grec.
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